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Pour alimenter les zoos, des animaux ont été prélevés dans leur milieu naturel provoquant un véritable massacre en règle. L’unique manière de capturer un animal vivant comme l’éléphant, le singe, la girafe, l’hippopotame...est de tuer les mères qui protégent leurs progénitures ou les chefs de troupeau. James Fisher, sous directeur du zoo de Londres, estimait qu’un orang-outang capturé supprime 4 sujets sauvages, dont 3 mères en puissance. Domalain, célèbre marchand d’animaux, évaluait à 10 le nombre des tués pour un animal visible au zoo.
Les longs transports par bateaux des animaux d’Afrique ou d’Asie vers les zoos européens ou américains rajoutaient au carnage, cependant le transport aérien officiel conserve des taux de mortalité très élevés. Selon le rapport de BUAV de 1993 : Entre 1988 et 1991, le taux de mortalité des babouins et les macaques d’Afrique est de 10 % à 37 % ; ceux des Philippines : autour de 10 % ; d’Indonésie : de 18 % à 54 %. En ornithologie, les importations sont énormes : les mois d’août, les volières d’oiseaux exotiques d’Anvers contiennent de 50 000 à 60 000 oiseaux.
Pour pallier au risque de ne plus avoir de stocks d’animaux exotiques, les zoos ont pris conscience, dès le début du XXe siècle, qu’ils devaient mettre en place des programmes de reproduction en captivité donnant l’illusion de leur rôle bienveillant et utilitaire. C’est aujourd’hui le principal argument des zoos et de leurs défenseurs face aux critiques, dans la mesure où elle permet de justifier la captivité.
Malheureusement, les zoos auront toujours besoin d’animaux sauvages pour alimenter leurs stocks car les taux de mortalité des animaux, particulièrement dans les 18 premiers mois de détention reste très élevé depuis des décennies et ceci malgré quelques progrès d’espace chez certains zoos. En effet, selon les données de l’International Zoo Yearbook, regroupées avec celles des zoos de Londres et de Vincennes : en moyenne environ 17 % du "stock total" des animaux meurt chaque année dans les zoos. En clair, il suffirait de cesser le ravitaillement des zoos en animaux pendant 4 ou 6 ans pour les fermer, il ne resterait alors plus que quelques vétérans.
Il est intéressant à noter que si on analyse le rapport sur la mortalité et la natalité enregistrées au parc zoologique du bois de Vincennes entre 1859 et 1985, la courbe de mortalité de 1985 rejoint à peu de chose près, celle de 1859 : partout et toujours demeure une très forte mortalité avant les 3 premiers semestres passés au zoo, la différence et qu’au XXe on y trouve quelques vétérans.
La réduction d’espérance de vie des mammifères marins fait l’objet de statistiques officielles : les marsouins vivent 14 ans contre près de 30 ans en liberté, les dauphins ont une existence réduite de 30 années, les orques de 45 ans. Source :Planète mer, SOS Grand bleu, 1995-1998.
21 % des pandas obtenus dans les zoos chinois par insémination artificielle atteignent 3 ans. Source : Agence France-Presse, Pékin 22 octobre 1997.
En conclusion, les zoos ne jouent aucun rôle dans la préservation des espèces en voie de disparition. Les animaux maintenus en captivité ne sont plus du tout adaptés pour survivre à la vie sauvage. La preuve, pour réintroduire une espèce dans la nature sauvage, comme les ours dans les Pyrénées, on choisit la translocation : Des ours sauvages furent capturés en Slovaquie et transportés dans les Pyrénées, ceci dans l’objectif d’optimiser au maximum les chances de succès de la réintroduction d’une espèce. Ce programme de réintroduction n’a donc pas utilisé des ours ayant séjournés dans des cirques ou des zoos.
Pour vraiment aider à la préservation des espèces en danger, la première règle est de protéger leurs habitats, la seconde est de créer des sanctuaires pour la réintroduction de certains bébés chimpanzés, orang-outang...dont les parents auraient été victimes de braconniers, à l’endroit même ou les animaux habitent : même lieu géographique, même climat, pas de transports, pas de mélange avec des animaux d’espèces inconnus, pas de contact avec une foule de visiteurs.
Exemple d’espèces menacées : L’orang-outang
Les orangs-outangs (ce qui signifie "les hommes de la forêt" en langue indonésienne) sont victimes de la disparition de leur habitat et de leurs ressources alimentaires, en raison de la demande en Europe et Japon de bois tropicaux, mais aussi de la chasse : la capture d’un orang-outang rapporte aux braconniers environ 30 euros, ce qui leur permet de vivre pendant 6 mois avec leur famille. Mais l’orang-outang est ensuite vendu à des prix qui peuvent atteindre 10 000 à 20 000 euros, et il s’agit donc d’un commerce extrêmement lucratif.
Pour s’emparer des bébés, les braconniers doivent naturellement abattre les mères ; souvent, le bébé lui-même, meurt au moment de la chute, car les orangs-outangs se déplacent à une hauteur de 40 à 50 mètres. Beaucoup de bébés meurent aussi peu de temps après leur capture, de malnutrition, de soins inappropriés, ou tout simplement de dépression.
Certains directeurs de zoos sont très demandeurs de primates et prêts à les payer au prix fort ; le comble de l’hypocrisie est qu’ils affirment ensuite sur leurs pancartes et leurs brochures qu’il s’agit d’espèces menacées qui doivent être protégées. Ces zoos ne sont que de lugubres parcs d’attraction avec des sculptures en béton en guise d’arbres ; les animaux y deviennent obèses, apathiques, abrutis.
À Taiwan, des publicités télévisées incitent les couples qui ne peuvent avoir d’enfant à acheter un bébé orang-outang. Ces bébés sont traités comme des enfants et extrêmement choyés, mais lorsqu’ils atteignent la puberté, à l’âge de 8 ans, ils deviennent dangereux et sont abandonnés sur le bord de la route, totalement incapables de se débrouiller seuls, ou encore se retrouvent derrière les barreaux d’une cage jusqu’à la fin de leur vie, qui peut durer encore 30 ou 35 ans.
Source : " Des animaux pour quoi faire ?" par E. Bourguinat et JP. Ribaut.
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