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Selon le magazine Science, entre 80 et 100 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans les océans. Harengs, cabillauds, colins et maquereaux sont les espèces de poissons les plus communément pêchées.
En raison de la pêche intensive, la plupart de ces espèces sont aujourd’hui au bord de l’extinction : 75 % des stocks mondiaux sont surexploités. Malgré ces chiffres alarmants, 90 % des subventions européennes sont toujours destinées à la pêche industrielle.
Les consommateurs français achètent aujourd’hui 2 fois plus de poisson qu’il y a 20 ans (26 kilos en moyenne par an). L’évolution des quantités de poissons péchés par les chalutiers français entre 1995 et 2001 (source Office national interprofessionnel des produits de la mer et de l’aquaculture Ofimer) est de :
Cabillaud : baisse de 46 % en 6 ans
Lotte : - 34 %
Langoustine : - 34 %
Merlan : -19 %
Sole : - 8 %
Le cabillaud est l’espèce la plus menacée dans les eaux européennes. Selon l’Ifremer, son stock en âge de procréer a été divisé par 6 depuis 30 ans. Pour le merlan, la baisse du nombre de géniteurs dépasse 50 %. Tous les chalutiers sont équipés d’un ordinateur capable de détecter des bancs, et la longueur des filets permet de pêcher jusqu’à 1 000 mètres de fond, contre 300 auparavant.
Les quelques "mesurettes" de type quota et maillage pour freiner l’hécatombe n’y feront rien. Elles ne sont de toute façon pas respectées :
À Boulogne-sur-Mer, 1er port de pêche français, les quotas de cabillaud pour 2002 étaient épuisés en Manche début octobre, pourtant selon tous les professionnels, les pécheurs ont continué d’en capturer. Le maillage réglementaire censé laisser s’échapper les jeunes poissons reste parfois sur le pont. (Source : magazine Capital, janvier 2003)
la plupart des bateaux emmènent discrètement un 2ème filet de maillage plus étroit, appelé chaussette, confie un mareyeur boulonnais. Selon lui, près de 15 % des poissons vendus à la criée dans la ville n’ont pas la taille minimale. (Source : magazine Capital, janvier 2003)
Les chalutiers, type de bateaux le plus communément utilisés pour la pêche en haute mer, ont pour certains, la taille d’un terrain de football. Leurs filets de pêche en forme de poche sont traînés sur le fond de la mer. Avec ce type de pêche intensive, il n’y a pas de choix sélectif possible.
Il en résulte un énorme gâchis et c’est tout l’écosystème environnant qui en pâtit :
Des poissons trop petits pour êtres vendus
Des espèces non commerciales ou (et) non comestibles
Toutes créatures qui étaient posées sur le fond comme les oursins, les étoiles de mer et les crabes
Des espèces protégées comme les tortues, ou encore des phoques, dauphins et oiseaux marins.
Selon Greenpeace, chaque année, 300 000 cétacés meurent dans les filets de pêche. Les prises accidentelles ou " accessoires" se traduisent par un rejet en mer estimé entre le cinquième et la moitié des quantités débarquées.
Les filets dérivants, similaires à des rideaux flottant à la surface de la mer, sont aussi utilisés en pêche intensive. Construits en nylon, ils peuvent atteindre plus de 100 km de long et sont invisibles pour toute vie marine.
Les poissons ciblés pour ce type de pêche sont les thons, mais les dauphins friands de cette espèce se retrouvent ainsi piégés en très grand nombre. Des raies, requins, oiseaux, morses, marsouins et de petites baleines se retrouvent aussi emmêlés dans les filets.
Il est fréquent que les filets se détachent des bateaux pendant une tempête. Quand ils ont stocké beaucoup de cadavres, ils tombent sur le fond, puis quand les cadavres sont suffisamment décomposés, alors les filets remontent à la surface pour continuer leur travail de destruction.

Selon le rapport d’International Food Policy Research Institute (IFPRI) :
La consommation mondiale de poisson va augmenter de plus d’un tiers dans les 20 prochaines années, essentiellement à cause d’une hausse importante dans les pays en voie de développement.
Plus de 127 millions de tonnes de poissons devraient être consommées en 2020 contre 91 millions de tonnes en 1997. Déjà exploitées à la limite de leur capacité de renouvellement dans certaines régions du globe, les ressources naturelles de poisson ne pourront subvenir à cette demande.
Les pays riches n’augmenteront leur consommation de poisson que de 4 % d’ici 2020, prévoit l’IFPRI, alors que cette hausse sera de 57 % dans les pays pauvres ou en développement. Le plus gros mangeur de poisson est la Chine (36 % en 1997).
Dans 20 ans, 40 % du poisson destiné à la consommation humaine sera issu de l’aquaculture et les pays en développement représenteront 79 % de cette production. Les océans ne peuvent déjà plus aujourd’hui répondre à la croissance de la demande, l’aquaculture prend donc le relais.
 Dauphins attirés par des thons pris dans les filets
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©VegAnimal.info
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