 Pisciculture
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La pisciculture est maintenant le secteur mondial de la production animale dont la croissance est la plus rapide.
Si le saumon et la truite forment le pilier de l’élevage industriel aquatique en Europe, de nouvelles espèces comme le cabillaud, le flétan et le turbot ont dû être ajoutés à la liste puisque leurs populations sauvages se sont également effondrées en raison de la surpêche.
L’aquaculture concerne aujourd’hui plus de 300 d’espèces et représente plus de 30 % de la production mondiale de poissons. La production de l’aquaculture française est de 270 000 tonnes par an.
 Aquaculture
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Un poisson sur quatre consommé en France provient d’un élevage. Cette proportion atteint pratiquement 100 % pour des espèces comme le saumon ou la truite et 60 à 70 % pour le bar ou la daurade.
La France est le premier producteur mondial de truites d’élevage. La France est également le principal consommateur en Europe de saumon d’élevage, et le deuxième dans le monde, après le Japon.
En 1998, selon le recensement de la salmoniculture française (source Ministère de l’agriculture) :
66 % des sites de production ne traitent pas leurs rejets.
86 % des sites ont utilisé au moins 1 produit de traitement antiseptique (le formol est le plus usité).
58 % des sites ont utilisé au moins 1 antibiotique (la fluméquine est le plus répandue).
En 1998, la salmoniculture française produisait 46.650 tonnes de salmonidés dont 44.250 tonnes étaient des truites arc-en-ciel, soit une progression de 18 % par rapport à 1991. 47 % de la production de salmonidés se situe en Bretagne et Aquitaine. En 1998, la pisciculture marine produisait 5.498 tonnes de bars, daurades et turbots.
La truite arc-en-ciel est originaire d’Amérique du Nord (côte Ouest). Son introduction s’est justifiée sur le critère que cette espèce se prête mieux à la "domestication" et supporte mieux l’alimentation artificielle, des températures plus élevées et des teneurs en oxygène plus réduites.
En France, La truite arc-en-ciel domine le secteur. Elle est destinée à la consommation à 74 % et 10 % au loisir pêche. Le chiffre d’affaire du secteur loisir pêche fut de 105 MF en 1997 soit 12 % du chiffre d’affaire de la salmoniculture.
Le saumon a les mêmes "atouts" que la truite arc-en-ciel pour élevage intensif, sauf que la température optimale saumon est comprise entre 10 et 11 degrés. Ce qui explique qu’il soit massivement élevé dans les eaux d’Ecosse et de Norvège car les conditions thermiques n’ont pas permis le démarrage d’une production commerciale significative en France.
La production mondiale de saumon d’élevage est passée de 48.4 milliers de tonnes en 85 à 1.175 milliers de tonnes en 2002 (source Globefish). Le saumon représente 16 % des achats de poissons frais en France.
Les principaux producteurs de saumons d’élevage sont (source Ofimer) :
Norvège : 450 milliers de tonnes en 2002
Chili : 376
USA : 330
Japon : 232
Russie : 225
Le fait de garder un très grand nombre de poissons concentrés dans un secteur très réduit conduit à une pollution de l’environnement autour de ces élevages. Les déchets de poissons et d’aliments, les produits chimiques utilisés comme désinfectants, les antibiotiques contre les parasites, les stéroïdes pour produire plus de femelles, les médicaments et hormones pour accélérer leur croissance se mélangent à l’eau environnante et tuent l’écosystème des alentours.
Tous ces déchets en décompositions deviennent un mélange de phosphates, sulfure d’hydrogène et méthane responsable de la désoxygénation de l’eau et de la prolifération d’algues toxiques.
Pour chaque tonne de saumon produite, environ 100 kg de composés azotés comme l’ammoniac sont émis. En Ecosse, l’industrie piscicole a produit 7.500 tonnes d’azote durant l’année 2000. En comparaison, cela équivaut à l’évacuation d’une année d’eaux usées non-traitées de 3.2 millions d’humains.

Le poisson d’élevage est nourri avec du poisson sauvage sous la forme de farine et d’huile de poisson :
Près de 5 tonnes de poissons sauvages sont nécessaires pour produire 1 tonne de saumons d’élevage.
Pour les espèces maritimes nouvellement d’élevage, comme le flétan et le cabillaud, la proportion est plus de 5 fois le poids de poisson sauvage pour produire une quantité équivalente de poissons d’élevage.
Chaque année, plus de 30 millions de tonnes de poissons fourrage : lançons, merlans bleus et harengs sont ainsi transformés en granulés pour nourrir les poissons d’élevage.
Pour obtenir 1 kg de farine, il faut 5 kg de poisson frais, et pour prendre 1 kg de poids, le saumon doit ingurgiter 5 kg de farine de poisson. Il faut donc 25 kg de poisson frais pour produire 1 kg de saumon d’élevage. Les saumons étant incapables d’absorber la farine en poudre, celle-ci est transformée en granulés par incorporation de sang provenant de mammifères terrestres.
Le saumon d’élevage est aussi responsable de la baisse des populations de saumons sauvages. Son évasion des centres de pisciculture est devenue un fait courant avec des centaines de milliers de saumons s’échappant annuellement des seules fermes écossaises.
La compétition créée par ces "fugitifs", ainsi que de leur transmission de maladies et de parasites aux poissons sauvages, sont responsables du déclin des populations de saumon sauvage dans des secteurs où se trouvent les grands nombres de centres de pisciculture. La situation est maintenant si mauvaise que la proportion d’anciens saumons d’élevage échappés est de 7 pour 1 saumon "authentique" sauvage.
 Mangrove
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Malheureusement, la pisciculture est maintenant un phénomène mondial. Les élevages de crustacés comme les crevettes se développent dans les pays du tiers-monde pour satisfaire le marché occidental. Les secteurs côtiers choisis pour l’installation des fermes sont en général des marais de mangroves, considérés comme des endroits "non-utilisés" donc parfaits pour l’exploitation.
En réalité, ils fournissent le plus productif et important habitat de tous les océans. 90 % des poissons maritimes dépendent de l’incroyable diversité fournie par les mangroves, en particulier pour la ponte. Plus de 2.000 espèces de poissons, crustacés et plantes y prospèrent.
Les mangroves agissent comme des tampons, elles empêchent l’inondation, arrêtent l’érosion et sont la pouponnière de la vie océanique. Malgré cela et à cause de la pisciculture, elles sont maintenant massivement détruites en Indonésie, Philippines, Malaisie, Thaïlande, Equateur et Panama. Les régions subtropicales du monde ont perdu 70 % de tous les marais de mangroves depuis 1960, faisant largement place à la pisciculture.
La construction de centres d’élevages a mené au déclin des populations de poissons sauvages et en particulier de crustacés. Tandis que ces fermes comptent sur des larves sauvages pour l’alimentation d’élevage, le nombre de ces larves diminue dramatiquement parce que ces mêmes fermes détruisent l’habitat dont elles sont originaires. Après quelques années, les fermes doivent être déplacées et toujours plus de mangroves seront coupées.

©VegAnimal.info
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