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 Amartya Sen
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À l’âge de 9 ans, Amartya Sen a été témoin de la terrible famine qui coûta la vie à 3,5 millions de personnes au Bengale, en 1943 : "Je me suis souvenu de manière frappante de ces scènes déchirantes quand, plus de 3 décennies plus tard, j’ai essayé de faire une analyse économique des causes et du déroulement des famines ".
Outre celle du Bengale, Sen a mené des recherches sur plusieurs autres famines, survenues, entre autres, en Afrique sub-saharienne et en chine.
On associe généralement les famines à la pénurie de nourriture, qui serait causée par des mauvaises récoltes naturelles. Pour Amartya Sen, ce sont des facteurs socioéconomiques qui sont en jeu. Les famines ne sont pas causées par l’insuffisance de la nourriture, mais par l’inégalité dans la répartition des revenus. Les structures politiques jouent aussi un rôle clé. Les pays démocratiques, même pauvres, ne sont pas touchés par les famines. Là où les gouvernements n’ont pas de compte à rendre à la population, là où la presse est muselée, les famines peuvent atteindre des proportions gigantesques sans remettre le pouvoir en question, comme ce fut le cas en chine pendant le grand bond en avant, entre 1958 et 1962, où l’on estime à 30 millions le nombre de morts.
Selon un statisticien britannique qui a analysé la faim durant 2 millénaires précédant 1800, on compte une famine majeure tous les 100 ans en Inde. Sous le gouvernement britannique, c’était une fois tous les 4 ans.
Pour en savoir plus, lisez le portrait de cet économiste : "Amartya Sen, l’économie au service du développement humain" publié dans le n° 242 d’Alternatives Economiques ainsi que l’article "les famines et le FMI" paru dans le n° 17 de l’Écologiste.
Des liens sur la question :
Plenty of food - yet the poor are starving : The two faces of Niger.
Mugabe supporters ’starving enemies’.
Source : Alternatives Economiques - l’Écologiste
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