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Mike Huskisson, militant et spécialiste de l’action anti-chasse, a accepté de répondre aux questions posées par l’équipe du site VegAnimal.info
L’entretien a été réalisé en avril 2006, avec l’aide de Rebecca Palmer.
Mike Huskisson a 52 ans ; Il est marié et père de trois enfants. Il se consacre à la défense des animaux depuis 35 ans, en faisant surtout campagne contre les sports sanguinaires (chasses), la vivisection et l’élevage industriel. Il a été emprisonné à deux reprises, en 1977 et en 1986, à la suite de ses activités de défense des animaux, mais agit maintenant strictement dans les limites de la loi. Il est spécialisé dans l’infiltration clandestine pour dévoiler la vérité sur la cruauté envers les animaux. Il dirige deux petits groupes (voir : Animal Cruelty Investigation Group).
Entrevue
Mike, Qu’est ce qui vous a fait devenir un opposant à la chasse ?
Dans ma jeunesse, je vivais en pleine campagne. Il y avait eu deux rencontres du club local de chasse au renard dans mon village ou dans les environs. J’avais collecté auparavant des fonds pour le World Wildlife Fund, et les donateurs me disaient souvent que je devrais me pencher sur la cruauté infligée aux animaux en Grande-Bretagne par les sports sanguinaires (chasses). Je suis donc allé observer notre chasse locale au renard, et la cruauté dont j’ai été témoin m’a bouleversé.
Pourriez-vous présenter votre association au public Français ? Son historique, comment fonctionnent vos actions de terrain etc.
Je dirige deux petits groupes. Le premier, l’Animal Cruelty Investigation Group (groupe d’enquête sur la cruauté envers les animaux) amasse les preuves de cruauté, et le deuxième, l’Animal Welfare Information Service (service d’information sur le bien-être des animaux) les diffuse à grande échelle dans les médias, au Parlement ou dans les écoles. Nous encourageons les personnes qui nous appuient à amasser des preuves de cruauté par des moyens légaux.
Vous êtes connu pour avoir infiltré des groupes de chasseurs. Quelles leçons tirez-vous de cette expérience ?
Qu’il faut avoir peur d’être découvert, parce que c’est ce qui permet de bien faire son travail. Qu’il faut pouvoir filmer en toute circonstance. Ça n’avance à rien de voir la cruauté de ses propres yeux ; il faut pouvoir l’enregistrer pour que d’autres puissent la voir aussi. Qu’il est utile de prendre des cours d’autodéfense, pour pouvoir se protéger soi-même et protéger les collègues et l’équipement.
Conseillerez-vous les militants anti-chasse de faire la même chose ?
Absolument. Nous avons besoin d’amasser légalement des preuves pour pouvoir influencer l’opinion publique et faire éventuellement modifier les lois... Notre but à long terme, c’est de gagner le combat de la protection des animaux, pour que disparaisse cette lutte quotidienne pour les sauver. Nous devons progresser maintenant pour que nos enfants et petits-enfants n’aient pas à mener les mêmes combats que ceux que nous menons aujourd’hui.
Comment avez-vous filmé et pris des photos sans éveiller l’attention ?
En ayant l’air anonyme ou stupide, et aussi en prenant les clichés habituels, ceux qui n’alarment pas nos adversaires. Ces photos ordinaires camouflent celles que je poursuis vraiment. Je suis en plus très habile pour cacher mes caméras ou pour filmer quand personne ne peut me voir.
Quel fut l’impact de ces documents sur le public ?
Les gens étaient en général scandalisés. Bien sûr, nos adversaires n’étaient pas surpris, puisqu’ils comprenaient fort bien toute la cruauté inhérente à leurs activités.
Quelles furent les réactions des chasseurs ?
Ils n’ont pas aimé que la vérité soit dévoilée au public. Certains ont essayé de neutraliser l’impact des images en disant qu’elles étaient truquées et que ça ne s’était pas passé comme ça, mais la plupart d’entre eux savaient que nous avions enregistré la vérité sans la déformer. Ils ont ensuite dit que nous n’avions montré que les mauvais côtés de la chasse, que les principaux aspects du sport étaient positifs, mais que nous ne montrions jamais que les mauvais côtés et ce, à répétition. Au bout du compte, le grand public a pu voir que les aspects négatifs l’emportaient.
Certains défenseurs des animaux ne militent que pour le bien-être des animaux de ferme négligeant les animaux dits " gibier " pour la chasse. Selon eux, cela ne tue pas autant d’animaux que l’industrie de la viande. Qu’en pensez-vous ?
Mon point de vue est le suivant. Je crois que c’est la vivisection qui fait individuellement le plus souffrir les animaux. Je crois que ce sont les fermes d’élevage industriel qui en font souffrir le plus grand nombre. Et je crois que ce sont les sports sanguinaires, en tuant les animaux pour le plaisir, qui leur causent les souffrances les plus inutiles. Par contre, les sports sanguinaires servent de digue pour retenir les progrès législatifs. Tant que cette digue ne sera pas crevée, tant que nous ne pourrons pas empêcher les animaux d’être massacrés simplement pour le plaisir, il sera impossible de faire des progrès sur les autres points qui nous préoccupent. Tant que les sports sanguinaires auront droit de cité, les politiciens frileux pourront se réfugier derrière cet argument : si les animaux peuvent être tués pour le plaisir, pourquoi s’inquiéter de la façon dont on les tue pour se nourrir ou dans l’espoir (vain) de progrès médicaux.
La BBC a déclaré dans un documentaire (The Last Tally Ho ?) diffusé le 12 février 2006 sur BBC1, que le nombre de chasseurs anglais auraient augmenté depuis l’interdiction de la chasse à courre. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai, tout simplement parce que le Parlement britannique n’empêche pas les gens de chasser, mais seulement de chasser des proies vivantes. Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que les gens se costument pour galoper dans les champs à la suite d’une meute qui traque une proie non animale, comme une piste ou une guenille imprégnée d’une odeur alléchante. Maintenant qu’ils peuvent le faire sans cruauté, des tas de gens sont heureux de pouvoir suivre la meute, particulièrement les jeunes. Nous avons toujours su qu’il était possible de pratiquer des plaisirs équestres sans cruauté, dans nos campagnes, et depuis que la Loi sur la chasse est entrée en vigueur, la suite des évènements nous donne raison.
On retrouve souvent des écologistes mobilisés contre la chasse tandis que les associations de protection animale sont très peu actives sinon inexistantes pour se mobiliser sur ce sujet. Comment expliquez-vous cela ?
Les groupes de défense des droits animaux concernés par la cruauté inhérente aux sports sanguinaires ne manquent pas, mais il existe aussi de nombreux groupes qui ne s’intéressent qu’aux droits des animaux de compagnie comme les chiens et les chats. C’est une bonne chose que les groupes se concentrent sur ce qu’ils connaissent le mieux.
En conclusion, comment prévoyez-vous l’évolution des mouvements pro-chasse et anti-chasse en occident ? Pensez-vous que la chasse sportive disparaîtra un jour ?
Les chasseurs ont perdu la partie au Royaume-Uni parce que nous avons pu prouver la vérité sur leurs agissements, grâce à de nouvelles technologies comme les caméras vidéo. Quand la vérité sur les sports sanguinaires est dévoilée publiquement, ceux-ci cessent vraiment d’être acceptables, particulièrement pour les jeunes. Je pense que le mouvement contre la chasse fera des progrès dans le monde entier, mais qu’il faudra du temps parce que ceux qui la défendent ont beaucoup d’argent, ce qui permet un certain trafic d’influence, notamment auprès des médias. CEPENDANT, tant qu’il y aura des contacts entre les hommes et les animaux, il y aura toujours des individus qui chercheront à maltraiter les animaux pour le plaisir, pour l’argent ou pour la gloire. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est de rendre ce genre de cruauté illégale, et ensuite faire de notre mieux pour faire respecter les lois. Le meurtre et le viol sont depuis longtemps illégaux, pourtant ils continuent à se produire. Ce sera la même chose pour les mauvais traitements envers les animaux, mais tant qu’ils ne seront même pas illégaux, ils demeureront endémiques. Changer les lois est un net progrès.
Merci, Mike Huskisson.
Liens intéressants sur Mike Huskisson :
The man who hounds the huntsmen
Out Foxed
En France, les créateurs de la campagne "Les Animaux ont des Droits", souhaitent organiser des sabotages de chasses. Ils recherchent des militants pour les aider, dans le cadre de la légalité. Pour en savoir plus, contacter par mail : droitsdesanimaux@hotmail.com
Interview with the activist Mike Huskisson, anti-hunting specialist
The activist Mike Huskisson, anti-hunting specialist, has agreed to answer questions posed by the team of the website VegAnimal.info.
The interview took place in April 2006 with the help of Rebecca Palmer.
Mike Huskisson is 52 years old, married and father of three. He has worked for animal welfare for 35 years campaigning primarily against bloodsports, vivisection and factory farming. He has been imprisoned twice for animal welfare activities, in 1977 and 1986 but he now works entirely within the law. He specialises in working undercover to expose the truth about cruelty to animals. He runs two small groups, see : Animal Cruelty Investigation Group
Interview
Mike, what made you become an opponent of hunting ?
When I was young I lived in the heart of the countryside. Our local foxhunt had two meets in or near our village. I had previously collected money for the World Wildlife Fund but people giving me money often said I should look at the cruelty inflicted on Britain’s animals in bloodsports. So I went to watch our local foxhunt and I was shocked at the cruelty that I saw.
Could you introduce your organisation to us ? How do your anti-hunt demos/sabs work etc ?
I run two small groups. The first, the Animal Cruelty Investigation Group gathers the evidence of cruelty and the second the Animal Welfare Information Service spreads that evidence far and wide, in the media, Parliament and schools. We encourage supporters to gather evidence of cruelty lawfully.
You are known for having infiltrated hunting groups. What lessons have you learnt from that experience ?
You need to fear being caught because that makes you good at your job. You must be able to get the film in any circumstances, it is no good just seeing the cruelty yourself ; you have to be able to record it so that others can see it also. You should take self-defence lessons so that you can protect yourself, your colleagues and your equipment.
Would you advise anti-hunt activists to do the same ?
Yes. We need to gather evidence lawfully so that we can change public opinion and ultimately change the law. Our long term goal must be to win the war for animal welfare so that individuals do not have to fight battles on a day to day basis to save animals. We need to make progress now so that our children and their children do not have to fight the same old battles that we face now.
How have you managed to take photos and videos without attracting attention to yourself ?
Because I look anonymous or stupid and because I also take the stock photographs that our opponents do not fear. These ordinary photographs hide the ones that I really seek. I am also very good at hiding my cameras or filming when no-one can see me.
How was this evidence received by the public ?
They were by and large shocked. Of course our opponents were not shocked because they knew the full measure of cruelty inherent in their activities anyway.
How did the hunters react to it ?
They did not like the truth being shown to the public. Some of their number tried to challenge the images by saying that it never happened that it was all a trick of the camera but the bulk of them knew that we had only recorded the truth and we had not distorted it. They then tried to say that we only showed the bad bits of hunting and the bulk of it was good but over and over again we exposed “bad bits”. In the end the public in great numbers saw that it was mainly bad.
Some animal defenders are only concerned with the wellbeing of farm animals, neglecting so-called " game " animals for hunting as they believe hunting doesn’t kill as many animals as the meat industry. What’s your opinion about that ?
I take the following view. I believe that individual animals suffer the most pain in vivisection. I believe that animals suffer in the greatest number in the factory farms. And I believe that they suffer for the least reason in bloodsports where animals are killed for sheer fun. However Bloodsports are like a dam to legislative progress. Until they are breached and you can stop animals being killed for pure pleasure there will be no hope of making progress in our other areas of concern. Whilst bloodsports continue cowardly Politicians will always be able to hide behind the comment that whilst animals can be killed just for fun why bother over them being killed for food or in the (vain) hope of medical progress.
The BBC stated, in a documentary aired on 12 Feb 2006 [1], that the number of English hunters has increased since the ban on hunting with dogs. What do you think about that ?
That is right because the British Parliament did not stop people hunting but it did stop them hunting live quarry. We have no problem with people dressing up and galloping over fields after hounds that are chasing the humane alternative such as a trail or drag (scented rag). Plenty more people are happy to follow hounds now that they know that no cruelty is involved, particularly youngsters. We always knew that we could have equestrian fun in our countryside without cruelty and events since the Hunting Act came into force are proving us correct.
You often find anti-hunting ecologists, but animal welfare organisations are rarely if ever concerned with the hunting issue. How do you explain that ?
There are plenty of animal welfare groups that are concerned about the cruelty inherent in bloodsports but also there are many animal welfare groups that are only concerned about companion animals such as cats and dogs. It is good that groups specialise in areas that they know best.
In conclusion, how do you see the pro and anti-hunt movements evolving in the West ? Do you think " hunting for sport " will disappear one day ?
The hunters lost in the UK because we could prove the truth about how they behaved. This was thanks to new technology such as the videocamera. When the full facts are exposed to public view bloodsports become very unpalatable, particularly to young people. I think the anti-hunt movement will make progress across the world but it will be slow because the pro-hunt people have a lot of money and that buys a lot of influence, not least in the media. BUT so long as there is an interface between people and animals there will always be some people who seek to abuse animals for fun, profit or fame. All we can hope to do is make such cruelty illegal and then enforce the law to the best of our ability. Murder and rape have been illegal for a long while yet they still occur. So it will be with animal abuse but whilst it is not even illegal it will remain rampant. Changing the law is progress.
Thanks, Mike Huskisson.
Interesting links about Mike Huskisson :
The man who hounds the huntsmen
Out Foxed
Notes :
[1] The Last Tally Ho ? (BBC1).
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