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Pêche intensive, le sabordage des océans
En raison de la pêche intensive, la plupart de ces espèces sont aujourd’hui au bord de l’extinction : 75 % des stocks mondiaux sont surexploités. Malgré ces chiffres alarmants, 90 % des subventions européennes sont toujours destinées à la pêche industrielle. Les consommateurs français achètent aujourd’hui 2 fois plus de poisson qu’il y a 20 ans (26 kilos en moyenne par an). L’évolution des quantités de poissons péchés par les chalutiers français entre 1995 et 2001 (source Office national interprofessionnel des produits de la mer et de l’aquaculture Ofimer) est de :
Le cabillaud est l’espèce la plus menacée dans les eaux européennes. Selon l’Ifremer, son stock en âge de procréer a été divisé par 6 depuis 30 ans. Pour le merlan, la baisse du nombre de géniteurs dépasse 50 %. Tous les chalutiers sont équipés d’un ordinateur capable de détecter des bancs, et la longueur des filets permet de pêcher jusqu’à 1 000 mètres de fond, contre 300 auparavant. Les quelques "mesurettes" de type quota et maillage pour freiner l’hécatombe n’y feront rien. Elles ne sont de toute façon pas respectées :
Les chalutiers, type de bateaux le plus communément utilisés pour la pêche en haute mer, ont pour certains, la taille d’un terrain de football. Leurs filets de pêche en forme de poche sont traînés sur le fond de la mer. Avec ce type de pêche intensive, il n’y a pas de choix sélectif possible. Il en résulte un énorme gâchis et c’est tout l’écosystème environnant qui en pâtit :
Selon Greenpeace, chaque année, 300 000 cétacés meurent dans les filets de pêche. Les prises accidentelles ou " accessoires" se traduisent par un rejet en mer estimé entre le cinquième et la moitié des quantités débarquées. Les filets dérivants, similaires à des rideaux flottant à la surface de la mer, sont aussi utilisés en pêche intensive. Construits en nylon, ils peuvent atteindre plus de 100 km de long et sont invisibles pour toute vie marine. Les poissons ciblés pour ce type de pêche sont les thons, mais les dauphins friands de cette espèce se retrouvent ainsi piégés en très grand nombre. Des raies, requins, oiseaux, morses, marsouins et de petites baleines se retrouvent aussi emmêlés dans les filets. Il est fréquent que les filets se détachent des bateaux pendant une tempête. Quand ils ont stocké beaucoup de cadavres, ils tombent sur le fond, puis quand les cadavres sont suffisamment décomposés, alors les filets remontent à la surface pour continuer leur travail de destruction.
Selon le rapport d’International Food Policy Research Institute (IFPRI) :
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