Fiche pédagogique "The Reality of Zoos" de l’association CAPS
Traduction par Nathalie

- Bien sûr, les choses sont légèrement différentes dans la nature
Le terme zoo n’a pas été utilisé avant le début des années 1800, au moment où l’ Association Zoologique de Londres fut créée. À la fin de la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni ne comptait "que" 14 zoos, tandis qu’à la fin des années 50 et au début des années 70, le nombre de zoos s’est mis à croître, atteignant le nombre de 250 dans les années 1980. Aujourd’hui, les zoos sont le vestige d’un concept des anciens temps Victoriens qui, au fil de l’évolution de nos connaissances sur le royaume animal, devient encore moins acceptable.
Aux yeux de la plupart, il est évident que garder un rhinocéros dans un petit enclos de béton au centre de Londres est loin d’être approprié. C’est pour cette raison que les zoos affirment détenir une plus grande mission : "pour la préservation, l’éducation, la recherche ou le divertissement". Les zoos favorisent désormais des termes comme parc naturel ou même sanctuaire.
Dans une étude menée par l’Association Mondiale pour la Protection des Animaux (WSPA), 80% des personnes interrogées se disaient sensibles au bien-être des animaux dans les zoos, les 3/4 d’entre eux pensaient que la seule autre alternative pour beaucoup d’espèces est l’extinction. Une autre moitié affirmait qu’elle ne visiterait pas un zoo si elle savait que cela n’a qu’un faible impact sur la préservation. Cependant, jusqu’à présent, les zoos ne sont pas vraiment différents des "vieilles" ménageries.
L’Association pour la Protection des animaux Captifs (CAPS) est totalement opposée à l’incarcération des animaux pour le divertissement et reste persuadée que les zoos n’apprennent rien aux gens, mais au contraire désinforment et détournent aussi les fonds d’une préservation constructive. Les animaux continuent d’être maltraités ou sont même menés à l’extinction, tandis que de précieuses ressources sont gaspillées par de coûteux projets de reproduction prestigieux, qui n’ont aucune chance d’aboutir.
Le mythe de la Préservation
Jusqu’à présent, sur un total de 6 000 espèces qui sont, soit dénaturées, soit en voie de disparition, seule une poignée se trouve incluse dans des programmes de reproduction en captivité et environ 20 ont été renvoyés dans le monde sauvage, ceci, sans aucun succès. Sur une estimation de 10 000 zoos à travers le monde, moins de 500 enregistrent leurs animaux sur la Base de Données Internationale des Espèces. Parmi ces derniers, on estime que l’espace consacré aux animaux en voie de disparition se situe entre 5 et 10 %.
La plupart des animaux dans les zoos, comme les lions d’Afrique, les éléphants et les girafes, ne sont pas détenus car menacés, mais utilisés comme de simples objets exhibés. Jetez un œil à la façon qu’ils ont de prendre soin de ces si précieuses et rares espèces, desquelles ils affirment détenir le proche avenir : Au zoo de Southport par exemple, un couple de léopards dont l’espèce est en très grand danger de disparition, vit le long d’un godet de pelleteuse avec des voitures qui passent en trombe sans arrêt.
Même si les zoos travaillent aussi dur pour la préservation que leurs matériaux publicitaires peuvent nous laisser croire, la nature, pour la majorité, condamnerait leurs efforts à l’échec. Les projets d’élevage en captivité doivent se situer le plus près possible du lieu définitif de libération pour des raisons liées au climat, à l’habitat et à la faune. Les animaux ont besoin d’un espace approprié à leurs besoins, et d’une population assez grande pour leur fournir un patrimoine génétique adéquat et une balance sociale naturelle des espèces avec un minimum de contact avec les humains.
Malheureusement, les zoos et les parcs safari échouent régulièrement à remplir les critères nécessaires de prendre sur eux la tâche de maintenir des groupes d’animaux viables, prêts à repeupler la faune. Au lieu de cela, ils gardent des animaux solitaires, ou égarés, dans de petits groupes, pas du tout naturels, au sein d’habitations artificielles médiocres, sans cesse exhibés, à des milliers de kilomètres de là où ils sont originaires.
Les animaux n’ont pas besoin d’aide pour se reproduire, ils le font avec succès depuis bien longtemps. Ils sont menacés par une variété de facteurs environnementaux - il s’agit trop souvent de la destruction de leur habitat par les humains. La protection d’un habitat et de ses animaux est le moyen le plus rapide et le plus rentable de changer le déclin d’une espèce.
On fanfaronne souvent au sujet de l’oryx d’Arabie qui est un succès de la reproduction en captivité car il avait été chassé jusqu’en 1972, le menant à son extinction à l’état sauvage. Les oryx en captivité en Arabie et aux Etats-Unis devinrent le noyau d’un programme de reproduction et dans les années 1980, certains furent relâchés à Oman, à un coût approximatif de 25 millions de dollars. En 1999, un rapport disait que sur un total de 400 animaux, seulement 100 avaient survécu, treize femelles ont été mises en captivité pour leur propre sécurité. L’oryx est un rare exemple d’animal qui ait disparu sauf en captivité, mais ceci ne sert qu’à souligner qu’une préservation efficace ne protège les animaux qu’au sein de leur habitat.
Le tamarin lion doré est lui aussi considéré comme ayant été "sauvé" par la reproduction en captivité, tout d’abord menacé par la destruction de son habitat, et aussi à cause des captures liées à l’industrie des zoos et des animaux de compagnie. Sur un total de 100 tamarins élevés en captivité, puis libérés, seulement 30 ont survécu. Certains étaient incapables de faire face à la vie sauvage ; pas habitués à grimper sur des branches naturellement souples, ils tombaient. D’autres refusaient de bouger alors que certains ne pouvaient s’adapter à un régime naturel. Alors que leur progéniture s’en sortait un peu mieux, le projet mit en avant un danger de réintroduction supplémentaire. En 1991, un virus mortel fut détecté dans un élevage de tamarins à peine trois jours avant que l’animal ne soit libéré dans une zone où le virus était encore inconnu. On imagina que le virus avait traversé la barrière des espèces au travers des souris qui alimentaient les tamarins.
À l’état sauvage, les espèces construisent une immunité contre les maladies du milieu naturel, mais dans un zoo, les animaux ne développent aucune résistance, même aux plus banales des affections. De plus, ils peuvent être touchés par des virus venant d’espèces qu’ils n’auraient jamais rencontrées autrement. Les virus peuvent muter ou être transportés à travers le globe dévastant ainsi la faune. Au cours des années 1980, des tortues gaufrées furent mises en liberté en Californie. Un virus présent dans ces tortues eut pour résultat de décimer 40 000 tortues de la vallée de sel.
L’EBS (ou maladie de la vache folle) a été retrouvé dans une grande variété d’espèces gardées dans les zoos comme chez les guépards, koudous, nyalas, élands du Cap, oryx d’Arabie, pumas ou autruches.
Quel est le sort des animaux excédentaires ?
Les animaux excédentaires sont un problème pour les zoos. La triste vérité est que, dans bien des cas, les animaux des zoos sont simplement élevés pour attirer les visiteurs et une pression sur l’espace et les ressources signifie que l’on se débarrassera de certains ou qu’ils seront tués à la fin de la saison. Les nouveau-nés ou les jeunes de sexe masculin sont souvent éliminés. À l’état sauvage, les antilopes mâles quittent le groupe familial, trouvent leur propre territoire et partenaires, mais ceci est impossible en captivité.
Par le passé, beaucoup de zoos ont tué leurs lionceaux africains car les lions se reproduisent facilement et que l’on a peu d’espace en réserve. En 1999, deux lions furent sur le point d’être éliminés au parc safari de Woburn. On ne leur trouva une " maison " que lorsque l’histoire apparut dans les médias nationaux. Woburn admit alors qu’ils éliminent également leur surplus de singes.
Les animaux peuvent être déplacés d’un zoo à un autre à cause de la pression due à l’espace, pour des raisons commerciales, ou pour correspondre à un " projet d’élevage ". Jimmy, un orang-outan du zoo de Blackpool fut envoyé au zoo de Tenerife, où il vécut seul pendant quatre ans, jusqu’à sa mort.
Les surplus des stocks de certaines espèces sont " recyclées" - données comme nourriture à d’autres animaux. Néanmoins, les zoos peuvent se disputer sur le fait qu’élever des animaux pour leurs carnivores est logique. Fournir le marché de la viande exotique destinée aux humains est clairement discutable.
Le zoo de Chester et le parc naturel de Cotsworld ont approvisionné des fermes de viande exotique en bisons et autruches.
Certains zoos et parcs safari ont fourni des animaux pour des expériences. Le zoo de Londres a des équipements d’expérimentation sur site, et certaines expériences de zoos ont inclus la décapitation de kangourous pleinement conscients, afin de comprendre le " blues de l’hiver " et les troubles dus au décalage horaire chez l’humain.
Le zoo de Londres approvisionna les laboratoires de recherche Wellcome en singes. Le zoo de Banham fournit des tamarins rouges à l’université de Wales, des chiens de prairie furent mis à la disposition de l’hôpital St Thomas à Londres, par Whipsnade, pour des expériences. Le parc safari de Woburn collabora avec la ferme de Shamrock et un marchand d’animaux pour laboratoires, afin de ravitailler des expériences en singes ; ceci fut seulement arrêté après une protestation publique.
D’où proviennent les animaux des zoos ?
Imaginer que tous les animaux des zoos ont été élevés en captivité est une illusion. Tous les éléphants d’Afrique des zoos du Royaume-Uni et la plupart de ceux d’Asie ont été importés de leur pays d’origine.
Les animaux sauvages sont toujours capturés et fournis aux ménageries. En 1998, environ 30 éléphanteaux sauvages furent pris à leur mère en Botswana pour être vendus à des zoos européens par un marchand d’animaux. Des groupes de protection animale essayèrent de s’opposer à la vente, mais ne purent empêcher sept des éléphants d’aller dans des zoos de Suisse et d’Allemagne.
Bien que les zoos prennent beaucoup moins d’animaux sauvages qu’ils ne le firent jadis, une fois sur place, ces animaux y sont pour le restant de leur vie. En 1996, sur 138 orangs-outans de Bornéo, répartis dans 35 ménageries européennes, 38 étaient nés à l’état sauvage, leur age allant de 7 à 41 ans.
Il est aussi important de noter que même après plusieurs générations d’élevages en captivité, les animaux gardent leur instinct naturel.
Éducation

Les zoos affirment que de voir un animal sauvage en vie donne une idée incomparable du pouvoir et des merveilles de la nature. Mais que nous montrent-ils réellement ?
Ces animaux sont souvent dépossédés de tout pouvoir ou dignité et au lieu d’être placés dans un environnement pour lequel ils ont évolué, on les retrouve au milieu d’un terrain vague. Bien souvent, ils ne sont plus qu’une caricature de leurs homologues vivant à l’état sauvage.
Le monde du zoo est celui où les primates cachent leur visage, où les prédateurs ne chassent jamais et où les mères mangent leurs petits plutôt que de les laisser survivre. Des bêtes abandonnées et solitaires traînent les pattes autour de leur cage de béton, leur regard est triste et vide.
Les programmes télévisés sur la faune ont garanti que notre compréhension de ces animaux aille au-delà de ces exhibitions pathétiques. En effet, CAPS est d’avis que les voyages scolaires au sein des zoos laissent aux enfants une vision déformée de la faune et de celle de prendre soin des animaux.
Mais il y a pire, une étude dans un zoo des Etats-Unis a montré que la plupart des visiteurs passe moins de trois minutes à regarder chaque enclos, ne restant parfois même que huit secondes. Une étude étalée sur six mois au zoo d’Edinburgh a montré que 80% des visiteurs qui passent, étaient attirés par les guenons mais ne les regardaient, en moyenne, que 33 secondes.
Les zoos affirment donner l’opportunité aux gens de voir des choses que beaucoup ne verront jamais à l’état sauvage. Cela est vrai ; il faudra se contenter des livres, des magazines et de la télévision. Mais est-ce que, quelques minutes de divertissement peuvent justifier la tragédie des comportements perturbés, et des souffrances que nous avons exposés dans leurs grandes lignes ?
Recherche
Certaines connaissances sur les animaux pourraient venir de recherches effectuées dans les zoos, mais cela est disproportionné, comparé au nombre d’équipements et, en incluant ceux à l’élevage et la gestion, la plupart est destiné aux bénéfices de l’industrie plutôt qu’à celui des animaux.
Finalement, les zoos et les parcs safari sont de simples divertissements. Certains présentent même les animaux exécutant un peu plus que les tours dans les cirques, pour amuser les spectateurs. CAPS a filmé des éléphants exécutant des tours à Blackpool, Twycross, Woburn, Whipsnade et Londres ; des perroquets à Blackpool, Flamingoland et Knowley, et des otaries dans les parcs de West Midlands et Knowsley. Les zoos affirment que c’est une stimulation pour l’animal, mais c’est bien plus l’appauvrissement de la nature de l’environnement de la captivité.
Alors que votre chien entre dans un état d’excitation effrénée à l’idée d’aller se promener ou de jouer, il semble y avoir un enthousiasme moindre pour ces animaux en captivité, lorsqu’ils avancent d’un pas lent au travers de leur routine. En effet, les gardiens sont plus à même d’accrocher un sac aux éléphants afin de s’assurer qu’ils soulèvent la tête et les troncs assez haut - serait-ce vraiment nécessaire si les animaux s’amusaient ?
Échec de la législation sur les zoos
Les zoos sont régis par l’acte de régulation des zoos de 1981, qui établit un minimum de standards pour la gestion des zoos. Bien que ce dernier puisse être mis à jour et amélioré sans avoir recours au Parlement, le CAPS a le sentiment que l’acte de 1981 est malheureusement inadéquat et échoue lamentablement à la prise en considération de la souffrance psychologique des animaux des zoos. C’est pour cette raison que l’on ne voit toujours que de minuscules cages minables avec peu, voire aucun enrichissement environnemental, et des animaux privés de leurs besoins sociaux les plus fondamentaux.
En principe, des inspecteurs de zoo sont sensés maintenir en ordre cet acte, mais bien souvent se sont les directeurs de zoo, les vétérinaires de zoo et les architectes de zoo qui tiennent ce rôle. Roger Cawley, l’époux de Mary Chipperfield fut inspecteur de zoo jusqu’à ce qu’il soit accusé d’allégations de cruauté par les Défenseurs des Animaux, le groupe qui avait filmé Cawley en train de battre des éléphants et des chameaux. Cawley ne démissionna qu’après avoir été condamné pour cruauté sur une éléphante malade, qu’il avait fouetté pour l’obliger à avancer plus vite. Cawley avait aussi séquestré durant des mois, plusieurs éléphants, dans une grange, sans aucun couchage ou enrichissement environnemental. Cawley fut filmé alors qu’il formait les gardiens pour qu’ils laissent les éléphants enchaînés par les pattes avant et arrière pendant des jours et des jours - leur donnant uniquement la capacité de traîner les pattes d’avant en arrière.
CAPS est d’avis que les zoos devraient être interdits - Garder des animaux sauvages confinés, pour notre amusement, n’est pas acceptable. La loi ne peut pas protéger les animaux des zoos de façon adéquate vis-à-vis de l’inévitable souffrance due à l’emprisonnement. À court terme, un moratoire devrait être mis en place pour les nouveaux zoos du Royaume-Uni - PLUS AUCUN ZOO. Pour les animaux laissés en rade en captivité, les standards de régulation des zoos doivent être amenés à fournir le meilleur style de vie possible - pas le minimum.
A l’état sauvage, les animaux réagissent à ce qui les entoure, en évitant les prédateurs, cherchant de la nourriture et par rapport à d’autres individus de leur espèce - en faisant ce pour quoi ils ont évolué. Par conséquent, même ce qui pourrait sembler être de "plus grands" ou "meilleurs" enclos, reste totalement insignifiant lorsque l’on prend en compte les réels besoins de l’animal.
La frustration et l’ennui sont monnaie courante parmi les animaux des zoos et peut entraîner des comportements obsessionnels et répétitifs, sous la forme de balancement, et même d’automutilation. Ceci est connu sous le nom de comportement stéréotypé et de tels mouvements inutiles et répétitifs se remarquent aussi chez les malades mentaux humains. Par ennui, les animaux deviennent fous.
Les félins enfermés dans une cage vont souvent suivre le même chemin, indéfiniment, le pas traînant sans hésitation, écrasant la végétation, laissant une trace nette qui montre le trajet qu’ils feront le reste de leur vie. Les grands singes et les éléphants vont se balancer, osciller et changer de place de façon répétée, d’un côté à l’autre. Lécher les murs et mordre les barreaux de leur taule, sont d’autres comportements perturbés, plus courants chez les girafes.
Les primates ont tendance à trop se laver, eux même ou entre eux ; ceci peut les entraîner à se mutiler. Le fait de constamment se toiletter, rejeter ou tuer le petit, fait partie des troubles du comportement maternel.
Chez les reptiles, les comportements anormaux s’observent lorsque ces derniers escaladent ou grattent la vitre de leur aquarium, car ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas sortir. D’autres reptiles peuvent devenir totalement sédentaires, passant leur vie à dormir derrière un rocher. L’animal peut essayer de patienter dans cet environnement, mais l’attente ne finira jamais. (À lire notre rapport sur les reptiles)
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