VegAnimal.info - Pêche, Poisson : les Oubliés de la Cause Animale

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Comment notre consommation de poisson est en train de changer la planète

Dossier compilé par VB
Addition de recherche et traduction par Virginie Jardin

Poisson, une “espèce” en voie de disparition

En 1995, Unilever, l’un des plus gros acheteurs mondiaux de poisson et WWF, la plus importante organisation mondiale pour la défense de l’environnement, sont arrivés indépendamment à la même conclusion : la réserve mondiale de poissons sauvages ne saurait durer à moins de mettre en place une action radicale. Unilever, propriétaire de marques telles que Birds Eyes, Findus, Knorr et Iglo, s’est trouvé alarmé par l’ampleur de la pêche intensive qu’ils considèrent comme une menace sérieuse pour leur commerce de poisson congelé.

ICES (1) a déclaré qu’en 2002 et 2003, la pêche à la morue dans la Mer du Nord devrait être interdite et que la pêche à n’importe quel autre poisson qui conduirait à la capture de morues devrait être réduite de façon radicale. David Griffith, directeur général d’ICES, a fait une déclaration dans laquelle il exprimait sa frustration à constater qu’en 2002 la quantité de frai (2) des morues dans la Mer du Nord était descendue à 38.000 tonnes seulement, soit le tonnage d’un seul ferry à voitures.

Des scientifiques européens ont calculé que plus de 7 kilos d’animaux marins sont tués par la pêche au chalut pour obtenir 450 grammes de sole commercialisable. Les oursins, les bernard-l’ermite, les ophiures (3) et les couteaux sont soit tués, soit rendus vulnérables face aux prédateurs parce qu’une partie de leur coquille a été cassée.

Il a fallu 19 ans aux auteurs d’un article publié dans Nature (5) pour évaluer toutes les pêcheries les plus importantes dans le monde et pour découvrir qu’il ne resterait dans l’océan seulement 10% des réserves de gros poissons que l’on trouvait dans les années 1950, des poissons tels que le thon, l’espadon, le marlin et les gros poissons de fond tels que la morue, le flétan, la raie et le flet. Ransom Myers, biologiste dans le domaine des pêcheries, et co-auteur de l’article déclarait à l’époque :

"Du marlin bleu jusqu’au thon rouge, et des mérous tropicaux jusqu’à la morue d’Antarctique, la pêche industrielle a purgé les océans du monde entier. Il n’existe plus de frontière bleue. Depuis 1950 et les débuts des pêcheries industrielles, nous avons rapidement réduit les ressources de base jusqu’à ce qu’elles représentent moins de 10% - pas seulement dans certaines zones, pas seulement pour certaines espèces, mais pour des colonies entières de ces gros poissons, depuis les tropiques jusqu’aux pôles."

Mais le plus inquiétant de tout peut-être, c’est que cette étude démontrait qu’il suffit d’à peine 10 à 15 ans aux pêcheries industrielles pour réduire à un dixième de leur effectif premier n’importe quelle nouvelle colonie de poissons qu’elles trouvent sur leur chemin. Boris Worm (collègue de Myers) de l’Université de Kiel en Allemagne, a déclaré :

"L’impact que nous avons eu sur les écosystèmes a été grandement sous-estimé. Ces écosystèmes sont représentés par la faune, les grands prédateurs de la mer et les espèces auxquelles nous accordons le plus d’importance. Leur diminution ne menace pas seulement le futur de ces poissons et des pêcheurs qui en dépendent, elle pourrait aussi entraîner une réorganisation totale des écosystèmes océaniques, avec des conséquences mondiales que nous ignorons."

Myers et Worm n’ont rien trouvé qui puisse laisser place à de l’optimisme. Ce qu’ils ont découvert s’applique non seulement aux stocks des mers continentales, mais aussi aux eaux du large dans lesquelles les gens croyaient qu’il existait encore des réserves non exploitées de gros poissons. En utilisant des données basées sur la flotte de pêche japonaise qui utilise des longues lignes - l’exploitation la plus répandue - et qui pêche dans tous les océans, excepté dans les mers polaires, Myers et Worm ont découvert que ces longues lignes, permettant autrefois d’attraper 10 poissons pour 100 hameçons étaient aujourd’hui chanceuses lorsqu’elles en attrapaient un. Daniel Pauly de l’Université British Columbia a résumé la chose de la façon suivante : "c’est comme un trou qui brûlerait au milieu d’une feuille de papier. Tandis que le trou s’étend, les bords de la feuille représentent l’endroit où les pêcheries se concentrent, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus nulle part où aller."

Myers ajoute : "Nous faisons preuve d’un déni majeur et nous continuons à nous chamailler sur le nombre - qui s’en va déclinant - des derniers survivants, utilisant des satellites et des sonars pour attraper les derniers poissons. Il faut que l’on comprenne que certaines de ces espèces sont vraiment proches de l’extinction. Et c’est maintenant qu’il faut agir, avant d’atteindre un point de non retour. Si les taux actuels de pêche persistent, ces gros poissons connaîtront le même destin que les dinosaures."

Tandis que l’on purge les mers des gros poissons, un processus de substitution se met en place. Les gros poissons sont remplacés au menu par des poissons plus petits qui sont, pour un certain temps, plus abondants car les plus gros ont été supprimés. Ou alors, si l’on peut encore les obtenir, les poissons d’outre-mer remplacent les gros poissons des eaux territoriales. Ce processus a cours depuis Tokyo jusqu’à Lowestoft et depuis Billgsgate jusqu’à Mercamadrid, le plus gros marché de poissons en Europe. Selon un commerçant de Mercamadrid : "il y a 20 ans, le marché n’était pas aussi grand. Il s’est agrandi très rapidement. Autrefois, le poisson venait du Chili, de l’Argentine et d’Espagne. Maintenant, il vient du monde entier." Ransom Myers, Boris Worm et Daniel Pauly ont tous trois décrit ce phénomène de substitution, qui continue d’entretenir l’illusion d’une réserve abondante de poissons .

Len Stainton, un marchand de poissons de Peterhead, le plus gros port de pêche de la Mer du Nord en Ecosse, a déclaré :

"Il fut un temps où les pêcheurs avaient l’habitude de ramener des poissons aussi grands qu’un être humain. Aujourd’hui, on a de la chance s’ils sont aussi gros que la main."

Cependant, ce déclin n’apparaît pas dans les chiffres annuels concernant la pêche mondiale, chiffres qui sont présentés par l’autorité ultime en matière de statistiques sur la pêche : l’United Nations’ Food and Agriculture Organisation (FAO). Selon eux, la pêche au niveau mondial n’a cessé de s’accroître.

En fait, on a découvert que les chiffres officiels étaient faux. La FAO avait annoncé que la pêche au niveau mondial avait augmenté chaque année et était passée de 40 millions de tonnes en 1950 à plus de 80 millions de tonnes au début des années 1990. Cette tendance à la hausse se poursuivit, malgré l’effondrement du taux de morues dans les Grands Bancs (4) en 1992. Et en dépit de la baisse d’autres pêcheries - 75% desquelles étaient exploitées à leur maximum, voire surexploitées selon la FAO - le total s’éleva inexorablement jusqu’à atteindre plus de 95 millions de tonnes en 2000. D’où venaient donc ces chiffres ? Watson et Pauly considérèrent la productivité de la mer dans toutes les zones du monde. La façon dont ils évaluèrent cette productivité correspondait à ce qui avait été dit. (6)

La pêche dans tous les océans sauf un : les eaux qui entourent la nation la plus peuplée au monde. La mer de la République de Chine est connue pour être celle où l’on pêche plus de poissons que nulle part ailleurs, mais la Chine n’a cessé d’annoncer des niveaux de pêche toujours croissants et complètement invraisemblables, atteignant un total de 10 millions de tonnes par an. Watson et Pauly ont estimé que ces chiffres représentaient au moins le double de ce qui est biologiquement possible. La raison de ces chiffres fallacieux est à trouver dans le fait que les fonctionnaires d’une Chine encore communiste ne bénéficiaient d’avancement que si la production était croissante. Voilà pourquoi la production augmenta de façon miraculeuse. En fait, lorsque l’on se servait d’estimations plus réalistes pour calculer le niveau de pêche en Chine, il apparaissait évident que ce dernier avait baissé depuis 1988. Watson et Pauly estiment le déclin à 0,7 millions de tonnes par an.

Dans la revue Nature (6), Watson et Pauly déclaraient : "Les tendances actuelles à la pêche intensive, aux bouleversements de la faune et de la flore côtières et le rapide développement d’entreprises d’aquacultures non viables, représentent une menace pour la sécurité alimentaire mondiale."

La technologie au service du pillage marin

Depuis la fin de la guerre froide, le satellite GPS (Global Positioning System), originellement conçu pour une utilisation militaire et navale, est devenu d’autant plus précis que les Etats-Unis d’Amérique ont amélioré la résolution des signaux. Cela signifie qu’il y a moins de zones dangereuses pour les bateaux et qu’ils peuvent pêcher à moins de 10 mètres de rochers et d’obstacles détectés.

En 2003, lors de l’exposition mondiale de la pêche à Vigo (Espagne), on a pu voir des slogans publicitaires sur les derniers progrès concernant les moteurs, les bateaux, les filets, les lignes, les téléphones satellites, les marqueurs GPS, les écrans à sonar et les systèmes informatiques pour expliciter l’usage de tout ce matériel en compétition pour attirer l’attention. On recommande vivement aux visiteurs de ces quelques hectares d’exposition couverte de " se procurer la toute dernière arme à bord " ou d’acheter "le plus gros chalut du monde". Le stand de la Nouvelle-Zélande fait la publicité pour le logiciel de cartographie marine Piscatus, dont le slogan est : "les poissons nous haïssent". Vendre de la technologie aux pêcheurs est un business macho, un peu comme au temps du boom des années 1970 lorsque l’on vendait aux agriculteurs des pesticides aux noms tels que Impact, Rapière ou Commando. Alors que les fabricants de pesticides affectionnaient les images de combat pour promouvoir leurs produits, les publicitaires de la pêche préfèrent un vocabulaire en relation avec la guerre de destruction massive.

Les logiciels cartographiques des fonds marins - tel que Picatus 3D - représentent la dernière trouvaille technologique pour les chalutiers - une industrie qui progresse aussi vite que l’industrie logicielle. Picatus 3D associe la technologie informatique moderne avec le traditionnel écho-sondeur pour obtenir encore plus d’informations à partir des sons qu’il émet et reçoit des fonds marins. Le pêcheur peut ainsi voir les profondeurs de façon virtuelle. C’est donc pour cela que les poissons haïssent les pêcheurs. La notice fournie avec Piscatus explique : "Nous avons développé un outil de pêche complet à trois dimensions qui vous montre avec exactitude tout ce qui se passe pendant que vous pêchez. Vous pouvez voir votre bateau, les fonds marins, les poissons, votre équipement en temps réel, un paysage animé en 3D : c’est un mélange entre la guerre des étoiles et une simulation de vol (...) les seuls qui soient effrayés par notre technologie, ce sont les poissons". Voilà ce que dit la brochure.

Gloria est le plus grand filet de pêche au monde et l’on s’en sert habituellement pour attraper des rougets communs sur les surfaces du milieu de l’océan Atlantique. Le rouget commun est un nageur solitaire qui ne se constitue pas en bancs, d’où l’intérêt d’utiliser un immense filet. Le tout dernier, en vente à Vigo, a une ouverture de 35 800 mètres carrés. Assez grand pour contenir une dizaine d’avions 747 ou plus.

Pendant l’exposition, Halli Stefanson - un pêcheur islandais qui a émigré en Nouvelle-Zélande et est actuellement capitaine d’un navire de 2.500 tonnes et long de 85 mètres qui attrape des hoplostètes oranges- explique que ces poissons de fond ont tendance à se rassembler en une nuée sur le sommet des chaînes montagneuses des fonds marins. Grâce aux derniers outillages informatisés de monitorage des chaluts, voici le procédé qui permet de les attraper : "Il vous suffit d’amener le filet sur le rocher. C’est une révolution pour nous. On tente de lâcher le filet le plus près possible du sommet montagneux ; avec de la chance, il suffit de 5 minutes de pêche. C’est typique de la pêche au hoplostète orange. Mais on peut en attraper jusqu’à 17 tonnes en deux minutes de pêche.

La face cachée de la pêche et des fermes aquatiques

La mer et toutes les choses vivantes qu’elle contient ont été volées aux gens et données aux pêcheurs, un peu comme la campagne a été donnée aux fermiers durant les années où l’Europe tentait de se nourrir après la Seconde Guerre Mondiale. Ceci a également été la cause d’un désastre écologique.

Alors, qu’est-ce qui a eu le plus d’impact sur les mers - les pêcheries ou la pollution ? Un scientifique Hollandais du nom de Han Lindeboom présenta ses recherches lors d’une conférence sur la Mer du Nord qui se déroulait à la Hague en 1990. Selon lui, les méthodes de pêche commerciale ont des conséquences plus fatales que la pollution parce que l’on enregistre chaque année des millions de tonnes de poissons tués par ces méthodes. En général, les effets de la pollution sont locaux, alors que les pêcheries couvrent l’ensemble de la Mer du Nord - et tous les écueils marins continentaux. Récemment, Lindeboom a réactualisé certains de ses calculs. Il affirme maintenant que l’impact des pêcheries sur les animaux qui vivent au fond de la mer est cent fois plus important que celui de l’extraction de sable et de gravier dans la partie hollandaise de la Mer du Nord. Il a aussi découvert que les dégâts causés par la pêche sont 100.000 fois plus importants que l’exploitation du pétrole ou du gaz. La cause de ces conclusions est à trouver dans le fait que l’extraction d’agrégat et de pétrole et l’exploitation du gaz occupent seulement de petits périmètres alors qu’aucun endroit dans la totalité de la Mer du Nord - si ce n’est dans la proximité immédiate d’un derrick ou, plus récemment, d’un parc d’éoliennes - n’est constamment fermé à la pêche.

Certaines pêcheries de crevettes se trouvent régulièrement avec un taux de 85% de prises autre que des crevettes. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture estime qu’un tiers de tout ce qui est pêché dans le monde - c’est-à-dire quelque 27 millions de tonnes - est laissé de côté. Ce qui ramène à environ 120 millions de tonnes par an ce qui est pris dans la mer. Si l’on ajoute à ces chiffres le nombre d’organismes qui sont tués ou détériorés par les filets, les lignes ou les pièges et ne sont jamais ramenés à terre - comme les baleines, les marsouins, les tortues et les oiseaux - ainsi que le nombre d’animaux détruits dans les fonds sous-marins, alors le total de ce qu’attrapent les pêcheurs atteint un chiffre de plus ou moins 200 millions de tonnes par an. Estimons qu’une grande partie du poids d’un poisson comestible réside dans sa tête, son cartilage, ses arrêtes et ses abats, qui sont soit laissés de côté, soit jetés par les processeurs. Estimons encore qu’environ 40 millions de tonnes de poissons sont attrapés pour fabriquer des produits industriels et de la nourriture pour les poissons d’élevage. Prenons en compte la possibilité d’une part de gaspillage parce que certains poissons ne seront pas vendus. Si l’on prend tout ceci en compte, il est possible de conclure que la quantité de protéines ingurgitées par quelqu’un correspond peut-être à moins de 20% des 95 millions de tonnes amenées à terre et seulement 10% de la quantité d’animaux marins détruits annuellement dans les océans.

La pisciculture dans les pays Occidentaux s’est amplifiée durant les 30 dernières années. Elle dépend de nourriture confectionnée industriellement, fabriquée à partir de poissons sauvages broyés qui servent à nourrir des poissons carnivores comme les saumons, les truites et les crevettes. La totalité de l’industrie de poissons carnivores dépend de la viabilité continue de petits poissons sauvages, comme les anguilles de sable qui finiront broyées en boulettes. Pour prendre un exemple, le saumon d’élevage a besoin de trois fois le poids de son corps en nourriture fabriquée à partir d’autres poissons.

Environ 34% de farine de poissons vont actuellement aux fermes d’élevage de poissons, 29% aux porcs, 27% à la volaille et 10% aux diverses denrées pour les êtres humains et les animaux. Il y a 5 ans, le Docteur Stuart Barlow, directeur général de l’International Fish-meal and Oil Organisation (IFFO), a averti la Fish Feed Industry (l’industrie de l’alimentation des poissons) que l’huile de poisson risquait de faire entrave à leur croissance. Il les a prévenus que s’ils ne trouvaient pas une alternative pour remplacer l’huile de poisson par de l’huile végétale et à un moindre degré les protéines de poisson par des protéines végétales, le monde allait se retrouver à court de poissons avant la fin de cette décennie.

Les 276.000 tonnes de merlans bleus attrapés en Islande devaient être utilisées pour fabriquer de la farine de poisson. 8900 tonnes seulement ont été conservées pour la consommation humaine, le plus souvent en Europe de l’Est, où les consommateurs se rappellent comment cuisiner le merlan bleu du temps où il était pêché par les flottes de pêche russes et polonaises qui bénéficiaient de larges subventions.

La pêche au merlan bleu dans le but de faire de la farine de poisson soulève certaines questions dont personne ne semble vouloir discuter - et qui n’ont pas été débattues de façon convenable depuis les années 1950 et 1960 lorsque les Britanniques critiquaient les Danois et les Norvégiens parce qu’ils attrapaient de très bons harengs qu’ils transformaient en nourriture pour cochons ainsi qu’en fertilisants.

Les parasites marins représentent un sérieux problème dans les piscicultures. Par exemple, toutes les crevettes doivent être passées à l’eau de javel chlorée pour tuer les bacilles avant de pouvoir être importées aux Etats-Unis. D’autre part, les parasites marins sont responsables de l’effondrement du nombre de truites de mer, survenu dans les années 1980, juste au moment où l’élevage de saumon s’implantait fermement sur la côte ouest de l’Ecosse. La plupart des témoignages vinrent d’Irlande où des scientifiques, tel que Ken Whelan de la Salmon Research Agency, dénoncèrent le problème avec plus de rapidité et d’ouverture. En Ecosse, où les fermes de saumon d’élevage ne furent pratiquement pas régulées durant leurs premières années, aucun pouvoir public n’a voulu entendre quoique ce soit susceptible de porter atteinte à ce qui était considéré comme un formidable moyen de créer des emplois dans les zones rurales.

Le professeur David Mackay, directeur d’une branche de la Scottish Environmental Protection Agency (l’Agence Écossaise de Protection de l’Environnement) a annoncé à ses pairs lors d’une assemblée en Norvège en 1999 :

"Les cas de dégâts causés par des parasites marins sur les stocks de truites de mer et de saumons sauvages en relation avec l’élevage industriel sont extrêmement sérieux dans certaines circonstances et ont atteint un point tel qu’il faudrait maintenant sans nul doute les accepter comme avérés."

3 ans plus tard, à Faskelly, le propre laboratoire de pêcheries du Scottish Executive a publié des rapports récents particulièrement accablants qui démontrent le lien entre les invasions de parasites marins sur les truites sauvages migratoires et les piscicultures.

L’élevage de poissons, même lorsqu’il utilise des techniques conventionnelles, modifie le poisson en quelques générations et le transforme en un animal qui est à la vache domestique l’équivalent du buffle sauvage. Après plusieurs générations, les saumons domestiqués deviennent des choses grasses et apathiques qui ne sont bonnes qu’à prendre du poids et certainement pas à remonter les courants forts des rivières. Lorsqu’ils sortent de leur milieu et se reproduisent avec des poissons sauvages, cela peut se faire au détriment des chances de survie de ces derniers pour se reproduire. Beaucoup de saumons dans les rivières de Norvège - qui avaient autrefois de bons débits de poissons d’une taille exceptionnellement grande - sont aujourd’hui de source industrielle. Les saumons domestiqués sont également sujets à des maladies potentiellement mortelles, comme l’anémie infectieuse du saumon, ce qui signifie que plusieurs milliers d’entre eux ont dû être mis en quarantaine ou bien tués. Ils sont aussi susceptibles au parasite Gyrodactylus, ce qui s’est traduit par l’obligation d’empoisonner des rivières entières avec l’insecticide roténone afin de les repeupler par la suite.

En Alaska, sont bouillis pour faire de l’huile tous les déchets de l’énorme quantité de lieus, traités industriellement pour fabriquer tous les filets de poissons que l’on trouve à McDonald’s et les poissons panés de Unilever, sans compter les déchets d’autres espèces de poissons qui sont attrapés en même temps et les "poissons poubelle" dont personne ne veut. Selon Scott Smiley de l’université de technologie des pêcheries d’Alaska à Kodiak, cette huile, qui atteint la quantité de 300.000 tonnes par an, est brûlée à 98%.

Les otaries de Steller, une espèce en danger protégée par l’US Endangered Species Act (la loi des États-Unis sur les espèces menacées d’extinction), ont vu leur nombre baisser de 80% depuis les années 1970. Un lien probable existe entre le déclin des otaries et la pêche intensive dans le détroit de Shélikov - Golfe de l’Alaska - où la ponte des lieus s’élevait à environ 2 millions de tonnes au début des années 1980 et les otaries à environ 20.000. Aujourd’hui, la population de lieus s’élève à environ 230.000 tonnes et il n’y a plus que 3221 otaries.

2/3 des principaux stocks de poissons en Europe - dont la morue, le colin, le carrelet et la sole - ont dépassé leur limite biologique de sûreté. Cela signifie que le nombre de ces poissons est sur le point de s’effondrer. Étant donné que l’Europe a massacré ses propres pêcheries, elle exerce maintenant une influence pernicieuse sur le reste du monde. Sa demande croissante de poissons, comparable à celle du Japon, a créé un engouement pour le thon en boîte qui dépasse maintenant les Etats-Unis. Les pêcheurs européens sont en train d’exterminer le thon bachi ou big-eye dans l’Océan Indien, l’Atlantique et la Pacifique. Les fermes d’élevage de poissons européennes conduisent à la traque de petits poissons - tel que le merlan bleu - et c’est une traque qui ne pourra pas durer éternellement.

Subventions et fraudes

Une subvention est une somme d’argent allouée par le gouvernement et qui permet à une entreprise commerciale de continuer une activité au-delà du seuil auquel elle aurait fait faillite ou aurait été obligée de faire autre chose. Malgré l’état de plus en plus alarmant des réserves de poissons dans le monde entier, il existe un grand nombre de pays qui continuent à attribuer aux pêcheurs des subventions qui, en fin de compte, ne feront qu’empirer les choses pour les poissons - et par conséquent pour les pêcheurs.

Au début, il se peut que le contribuable bénéficie d’un approvisionnement abondant en poisson bon marché, mais il finira de toute façon par le payer deux fois - une fois pour inciter les pêcheurs à pêcher et une nouvelle fois lorsque l’on aura trop puisé dans les stocks et que le prix du poisson augmentera. Il se pourrait même que l’infortuné contribuable ait à payer une troisième fois, comme c’est le cas au Canada où les pêcheurs doivent être payés pour ne pas pêcher parce que les stocks ont été épuisés.

Selon une estimation de L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sur le plan mondial, le montant des subventions est énorme - atteignant la prodigieuse somme de 50 milliards de dollars par an.

Dans cette ligue de la subvention, la palme va au Japon qui a distribué 2,5 milliards de dollars aux pêcheurs en 1999. Le Japon est suivi par l’Union Européenne qui a distribué 1,6 milliards de dollars, en troisième place on trouve les Etats-Unis avec 1,11 milliards de dollars d’allocations. Les différents membres de la Communauté Européenne : 345 millions de dollars pour l’Espagne, 139 millions pour la France, 104 millions pour l’Irlande, 92 millions pour l’Italie et 163 millions pour la Norvège.

Le montant des subventions est d’une proportion renversante eu égard à ce qui est réellement ramené à terre. Aux Etats-Unis, cela représentait plus de 30% en 1999, au Japon 24% et dans la Communauté Européenne, 17%. Il y a vingt ans, l’Union Soviétique a remis nos bateaux et nos carburants gratuits à ses pêcheurs - une énorme subvention bien que non quantifiable. Partout demeure un manque absolu de transparence en ce qui concerne les subventions pour la pêche et les personnes qui en bénéficient. L’unique vérification publique jamais conduite à ce propos par les experts des tribunaux européens a permis de découvrir l’existence de nombreux paiements à des gens qui ne remplissaient pas les conditions requises pour des subventions - incluant au moins des propriétaires de bateaux qui avaient déjà coulés.

D’après une étude effectuée par l’OCDE, sont considérées comme subventions : des paiements directs - comme des subventions pour la construction de nouveaux bateaux et la réparation d’anciens - le maintien des prix du poisson, des subventions pour permettre aux compagnies de fonder des entreprises communes avec d’autres pays, des exonérations d’impôt et des dégrèvements d’intérêts sur l’achat de bateaux, ainsi que des services d’ordre général tels que des investissements de l’Etat dans les recherches scientifiques des pêcheries, dans la gestion ainsi que dans l’application des lois. Une belle somme de 430 millions de dollars - sur les 1.1 milliard que dépense l’Union Européenne en subventions - a été dépensée dans l’achat de droits d’accès pour les pêcheurs dans d’autres pays, c’est-à-dire depuis les eaux du nord de la Norvège, via l’Afrique jusqu’aux îles Malouines.

Ces subventions créent une suractivité dans l’industrie. On estime que la flotte mondiale de pêche est 2,5 fois plus importante que nécessaire pour attraper ce que l’océan peut produire de façon durable. Une grande flotte crée des pressions sur les hommes politiques, les poussant à utiliser les subventions dans l’achat de licences pour les pêcheurs, pour que ces derniers puissent pêcher ailleurs si leurs propres eaux sont surexploitées. En Europe, ce sont ces mêmes pays qui subventionnent le plus leurs pêcheurs qui font aussi pression pour que cette suractivité soit exportée dans le reste du monde. L’Espagne dépense 196 millions de dollars dans la mise hors service de bateaux, ce qui permet la modernisation de sa flotte. Ce sont les contribuables Européens qui ont dédommagé les pêcheurs Espagnols et Portugais - qui autrefois bénéficiaient de subventions pour pêcher dans les eaux marocaines - en leur versant à nouveau une somme de l’ordre de 197 millions d’euros lorsqu’ils ont été flanqués dehors après que le Maroc a refusé de renouveler l’un des accords européens controversés sur les pêcheries.

Le marché domestique est en baisse à cause des nombreux pêcheurs qui mentent, attrapant bien au-delà de leur quota des poissons que les scientifiques estiment en danger. Le poisson au noir ("black fish") - appelé ainsi lorsqu’il s’agit de prises illégales - représente le secret condamnable de l’Europe et l’Espagne est la pire d’entre tous. Harry Koster, directeur de la Commission Européenne pour le contrôle des pêcheries à Bruxelles, a estimé l’ampleur de l’illégalité. Il a annoncé que 60% du colin, acheminé principalement vers l’Espagne,n’étaitpasenregistré-end’autres termes qu’il était illégal. En Grande-Bretagne, la morue est pour 50% dans l’illégalité.

La fédération écossaise des pêcheurs a admis que ses membres ramenaient à terre du poisson au noir  : " La façon dont nous avons été réglementés signifie que tout ce que nous faisions est maintenant illégal. Le ministère savait que cela se passerait ainsi. Mon bateau a été construit grâce à une subvention de l’Union Européenne et il a été réparé à l’aide d’une subvention accordée par le ministère. Aujourd’hui, nous avons des hypothèques. C’est comme si l’on disait à la compagnie British Airways qu’ils ne peuvent effectuer qu’un seul vol par jour vers Paris alors qu’ils avaient l’habitude d’en effectuer 6. "

Dans sa lettre officielle de doléances adressée au Royaume-Uni - une nation qui autrefois était autrement plus regardante de la loi - la Commission Européenne a constaté que les autorités ont échoué dans le domaine de la vérification par regroupement des données ainsi que dans la prise de certaines mesures contre les pêcheurs qui avaient passé outre les règles en plusieurs occasions. La commission a pris acte de rapports erronés dans lesquels des vaisseaux établissaient avoir attrapé des poissons dans un secteur alors que leur satellite " espion dans le ciel " démontrait qu’ils se trouvaient dans un autre secteur. Pour éviter d’être découverts, les vaisseaux éteignaient souvent toutes leurs Blue Blox (7).Ceci ne semble pas avoir été dénoncé ni même pénalisé par les autorités, qui, malgré une grande fanfare dans les années 1990 lorsqu’elles furent introduites sur le marché, n’utilisèrent apparemment pas l’emploi de ces Blue Box en tant qu’outil d’application des règlements.

L’Union Européenne dépense chaque année 127 millions de livres sterling dans l’achat de droits d’accès pour les pêcheurs européens dans des mers lointaines depuis le Cercle Arctique jusqu’aux îles Malouines. L’Union Européenne a récemment signé des accords avec l’Angola, un pays dans lequel des millions de personnes risquent la famine. C’est un problème qui laisse l’élite du pays indifférente, cette dernière gagnant chaque année des centaines de millions de livres sterling grâce aux revenus du pétrole. Ce pays reçoit également 18 millions de livres sterling de l’Union Européenne en autorisant aux bateaux de celle-ci la pêche au thon, à la crevette et aux démerseaux (poissons vivant dans les fonds sous-marins) ; ce qui, de l’avis de l’Union Européenne, représente une affaire en or.

On ne sait pas vraiment si, durant leurs vacances organisées en Espagne, les touristes britanniques ou allemands, ou encore les Espagnols eux-mêmes, ont conscience du fait que les crevettes qui se trouvent dans leur paella n’ont pas été pêchées dans la Méditerranée, mais dans des mers qui appartiennent en théorie à ceux qui meurent de faim en Afrique. La pêche dans les eaux de pays qui sont préoccupés par des agitations sociales est l’une des astuces favorites de la flotte Européenne. Les escadrilles de thoniers espagnols et français pêchent régulièrement dans les eaux de la Somalie, le seul pays au monde qui n’a actuellement pas de gouvernement. La Commission Européenne a récemment renouvelé ses accords sur les pêcheries avec la Côte d’Ivoire, qui se trouve au beau milieu d’une guerre civile.

Contrairement à l’esprit du "Doha Development Round" de l’Organisation Mondiale du Commerce de 2001, qui stipule que les subventions aux pêcheries devraient être éliminées graduellement partout, l’Europe continue de subventionner ses pêcheries à un degré scandaleux. En Europe méridionale, les opérations subventionnées d’engraissement des thons ont été la cause d’une pêche intensive de l’un des poissons de notre patrimoine les plus prisés des océans, le thon à nageoire bleue, le conduisant inexorablement vers son extinction. Et l’Europe continue de dépenser des millions d’euros en achetant pour ses pêcheurs les droits d’accès aux eaux de plusieurs nations, depuis la Côte Ouest de l’Afrique jusqu’aux îles Salomon, ce qui ressemble fort à du pur néo-colonialisme. Ces "accords de partenariats" se révèlent peu utiles pour les pays pauvres en question et finissent dans l’exportation européenne de pratiques illégales de pêche et de mépris du commerce durable pour d’autres parties du monde.

Mondialisation du pillage marin

Il fut un temps où la Grande-Bretagne entretenait également une large flotte dans des mers éloignées, qui partait de Hull et de Grimsby, deux villes qui rivalisaient pour le titre de plus grand port de pêche au monde. Puis les chalutiers Britanniques pêchèrent la morue jusque dans le Cercle Arctique, dans ce qui devint les eaux territoriales de l’Islande, de la Norvège et de la Russie. Aujourd’hui, la quasi-totalité de cette industrie a disparu. La politique du "libre-pour-tous" (free-for-all) a pris fin avec la signature par la Convention des Nations Unies d’une loi sur la Mer (UNCLOS) qui offrait une base juridique relative aux tentatives de la Norvège et de l’Islande de fermer leurs eaux aux flottes étrangères, afin de préserver leurs stocks. Les peuples nordiques ont gagné. L’Islande et la Norvège sont des pays trop riches et démocratiques pour vendre leur patrimoine à moindre coût. Les pays Africains - ou plutôt les élites qui les gouvernent - ont au contraire plutôt perçu leurs eaux comme des sources leur permettant un accès direct aux devises étrangères. Ainsi, l’ère néo-coloniale continue-t-elle d’exister pour l’Espagne, qui entretient une flotte de plus de 200 chalutiers au large de la côte Ouest Africaine, en grande partie aux dépens des autres nations de l’Union Européenne.

Le Sénégal a sa propre flotte industrielle, qui attrape 48.000 tonnes de poissons et de crustacés chaque année, ainsi qu’une vaste flotte artisanale, constituée de pirogues, dont les pêches s’élèvent à plus de 320.000 tonnes. La pêche est une source d’emploi pour 600.000 personnes - une proportion significative de la population côtière. Cette population augmente car la baisse des chutes de pluie a amené depuis les années 1970 plus de gens depuis l’intérieur du pays. Calixte Ndiaye, un professeur d’université qui s’occupe d’une petite organisation locale travaillant avec les pêcheurs, a déclaré : "Les fils de pêcheurs ont appris à nager dès l’âge de 2 ans. Aujourd’hui on voit beaucoup de pêcheurs qui ne savent pas nager."

Il n’y a plus d’excédent de poissons ici. Daniel Pauly, professeur à l’Université de la Colombie Britannique a passé plusieurs années à étudier les pêcheries tropicales ; il affirme que les réserves en poissons de l’Afrique de l’Ouest ont baissé d’environ 50% depuis 1945, lorsque l’exploitation industrielle s’est réellement mise en place. Il existe un conflit croissant entre les pêcheurs industriels et les pêcheurs artisanaux. Les accords sur les droits d’accès spécifient que seuls les pêcheurs artisanaux peuvent pêcher à moins de 10km de la côte. Mais ces règles sont régulièrement enfreintes. Les chalutiers industriels, qu’ils soient étrangers ou sénégalais, sont réputés pour s’aventurer durant la nuit à moins de 10km du rivage. Les pêcheurs qui se servent de pirogues et qui sont équipés de filets modernes et de moteurs hors bords aiment s’aventurer plus au large. Ils admettent que généralement, les Européens ont tendance à passer au large de leurs pirogues s’ils les voient, alors que les Taiwanais ignorent souvent les torches allumées des pirogues en pleine mer. Il y a beaucoup d’accidents mortels - en 1997, 9 pêcheurs ont été tués lors d’une collision entre un chalutier Européen et une pirogue.

L’élément le plus frappant dans cet accord entre l’Union Européenne et le Sénégal, c’est qu’il n’y aucun quota imposé pour préserver les stocks. Ce que cet accord fixe par contre, c’est le tonnage total des vaisseaux qui peuvent pêcher dans les eaux sénégalaises et ce sans limites de durée. Les chalutiers de 150 à 250 tonnes qui se trouvent dans le port de Dakar peuvent attraper autant de poissons qu’ils le veulent, à condition qu’ils utilisent la bonne taille de mailles pour leurs filets, qui sont plus petites et moins sélectives que celles que l’on trouve dans des pêcheries équivalentes de l’Union Européenne. La flotte Européenne déclare 12.000 tonnes de prises par an mais cette déclaration est largement mise en doute. Des rapports effectués pour le WWF estiment que les prises Européennes se rapprocheraient plutôt de 80.000 à 100.000 tonnes par an - plus de 8 fois le total déclaré.

Ceci ne représente le poids que du poisson ramené à terre, omettant ce qui est laissé de côté. La pêche à la crevette entraîne aussi la capture d’un certain nombre de poissons (ce que l’on appelle dans le métier les prises accidentelles). Les chalutiers qui pêchent les crevettes destinées aux paellas espagnoles reconnaissent qu’elles ne représentent qu’environ 15% de leurs prises. Les 85% restants sont des poissons ; certains sont vendus localement, beaucoup ne sont pas vendables du tout. Le Vidal Bonanegra Cuarto pêche avec un filet dont les mailles sont de 40 mm et ils peuvent escompter attraper par heure 20 kg de crevettes - grosses créatures qui peuvent atteindre 20 cm de long - et 50 kg de poissons vendables. Ce bateau peut escompter attraper la même quantité de crevettes de trop petite taille, de poissons n’ayant pas atteint leur maturité ainsi que d’espèces non comestibles tels que les oursins et certains crustacés qui seront rejetés à la mer.

Jacques Marec, le patron français d’une flotte de pêche basée à Dakar sous le drapeau sénégalais, observe que, dans l’ensemble, les prises de crevettes diminuent de 300 tonnes par an. En 1983, chaque chalutier attrapait 150 tonnes de crevettes - un chiffre qui est aujourd’hui descendu à 40 tonnes.

Références

(1). International Council for the Exploration of the Sea
(2). Ponte des œufs par la femelle des poissons ; fécondation de ces œufs par le mâle.
(3). Grand groupe d’échinodermes étroitement apparentés à l’étoile de mer.
(4). Les Grands Bancs de Terre Neuve à l’est du Canada.
(5). "Rapid worldwide depletion of predatory fish communities", Ransom A. Myers and Boris Worm - Nature, May 15th, 2003. Consultez l’article en cliquant sur ce lien : http://www.mindfully.org/Water/2003...

(6). "Systematic distortions in world Fisheries catch trends " - Nature v.414, 29nov01. Consultez l’article en cliquant sur ce lien : http://www.mindfully.org/Water/Fish...

(7). Appareil électronique qui sert à détecter la présence de poissons dans les profondeurs.

Liens utiles

www.iffo.org.uk
www.fishbase.org

Source

“The End of the Line - How Overfishing is changing the world and what we eat” - Charles Clover (Ebury Press, 2004).

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