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La corrida, sous couvert d’un argumentaire "pseudo folklorique", est avant tout un lucratif business, en partie subventionnée avec nos impôts ! Trop peu de contribuables européens (Français compris) savent que leurs impôts sont employés à élever des taureaux pour les corridas. En effet, chaque sélectionneur de taureaux pour corrida reçoit une subvention de 210 euros par animal mâle. La Commission Européenne est parfaitement consciente que ces animaux sont élevés pour la torture, malgré cela, elle refuse d’exclure les éleveurs de taureaux pour corrida des subventions de la PAC. Les aides de l’UE aux quelques 1200 éleveurs atteignent 22,5 millions d’euros par an (Source : Courrier International). En France et rien que pour l’année 2004, les subventions publiques allouées aux villes organisatrices de corrida s’élèvent à 465 808 euros ! (source Alliance pour la suppression des corridas).
De tout temps et dans tous les pays, une certaine catégorie d’individus, par ignorance, lâcheté, cupidité ou pur sadisme, a toujours aimé se réjouir du spectacle de la torture d’autrui. Les jeux du cirque, les pogroms, l’exécution publique de prisonniers, le lynchage des hommes aux cheveux roux ou des chats au pelage noir sont-ils vraiment le fait d’un âge révolu ? Le combat de coq dans le Nord, la corrida dans le sud de la France, les combats d’ours avec des chiens au Pakistan et les femmes lapidées sur la place publique au Nigeria ou exécutées dans un terrain de football en Afghanistan se déroulent au XXIe siècle et non au Moyen Âge.
Le spectacle du lynchage humain et non-humain est dans les deux cas, toujours présenté comme un divertissement familial et éducatif pour les enfants. La corrida est non seulement ouverte aux enfants, mais aussi à des groupes scolaires. En effet, depuis plusieurs années, l’industrie de la tauromachie va jusqu’à démarcher les écoles en proposant aux enseignants des places gratuites pour aller "visiter" une corrida avec leurs élèves. L’objectif "pédagogique" de la tauromachie est de chercher ni plus ni moins à séduire de futurs potentiels CLIENTS.
Selon le Dr Albert Schweitzer, célèbre humaniste : "Quelqu’un qui s’est habitué à considérer la vie de n’importe quelle créature vivante comme sans valeur, finit par penser qu’une vie humaine ne vaut rien" (à lire, l’article : "Bourreaux d’Animaux, Bourreaux d’Humains : Partenaires en Crime"). Tous les jours en France et à travers le monde des "sans voix", humains et non-humains, sont lynchés par des individus éduqués dans l’esprit que torturer des "sous-êtres", selon eux, c’est normal, voire fun.
Parlant de la corrida, l’humaniste Albert Jacquard déclara (*) : "Au fond, comment peut-on justifier de transformer en un spectacle, la souffrance et la mort d’un animal, que ce soit un taureau ou même un humain ? Vraiment, c’est invraisemblable, cette banalisation de la violence me semble très grave parce qu’elle va entraîner la justification peu à peu de toutes les violences."

- Dessin de Mahmoud Kahil
Il est vital d’inculquer à nos enfants les valeurs de respect et du droit à la vie pour TOUTES les espèces vivantes en condamnant énergiquement tout acte de barbarie, que le bourreau porte un "habit de lumière" ou non.

Le bozkashi est le "jeu national afghan", au lieu d’un taureau, c’est une chèvre qui est lynchée. En 1982, l’anthropologue Whitney Azoy voyait dans ce "jeu" la tendance profonde de la société afghane au "chaos".
Albert Jacquard (**) :"Il ne s’agit pas seulement d’éviter la souffrance infligée absurdement à des taureaux mais de lutter contre la sinistre tentation de violence qui se répand dans toute notre culture. En étalant le sang, en mettant en danger la vie même du torero, ces spectacles font appel à ce qu’il y a de plus inavouable dans les réactions les plus primitives de chacun de nous .
Comment les enfants peuvent-ils respecter leurs parents lorsqu’ils les voient se satisfaire d’émotions aussi barbares ? S’élever contre les corridas, c’est défendre notre part d’humanité, une part qui dans notre société est en grave danger."
(*) : Propos tenus sur France 2, le jeudi 09 septembre 2004
(**) : Propos tenus sur radio France-Culture, le lundi 31 janvier 2005 ;
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