VegAnimal.info - Exploitation Animale : Les Racines de l’Exploitation Humaine

frise
Anglais E shop Contact
   
Entretien avec l’historien Charles Patterson, auteur d’Éternel Treblinka : Notre Traitement des Animaux et l’Holocauste (en français et anglais)

Avertissement : 24 Janvier 2006, l’éditeur parisien Calmann-Levy a décidé de traduire et publier le livre "Eternal Treblinka : Our treatment of Animals and the Holocaust" -Source PR Web™ - Sortie en librairie courant janvier 2007.

English version see below

Charles Patterson , historien social et auteur du livre "Éternel Treblinka : Notre traitement des animaux et l’Holocauste", a accepté de répondre aux questions de l’équipe du site VegAnimal.info.

L’entretien a été réalisé en octobre 2005 - Traduction par Isabelle Rineau

Entretien

JPEG - 10.3 ko
Charles Patterson

Charles Patterson, pourriez-vous présenter votre livre "Éternel Treblinka : Notre traitement des animaux et l’Holocauste" au public francophone ?

La thèse de mon livre est que l’exploitation et le massacre des animaux est l’oppression centrale et originelle, à partir de laquelle toutes les autres oppressions découlent. La cruauté et l’injustice envers les animaux se retrouve inévitablement chez les humains.

Isaac Bashevis Singer, écrivain yiddish détenteur du prix Nobel est à l’origine du titre de mon livre, qui lui est dédié. Il fut le premier auteur moderne qui ait vraiment utilisé le terme holocauste pour décrire l’exploitation et le massacre des animaux. Il a écrit : “Par rapport à eux, tous les humains sont des nazis. Pour les animaux c’est l’éternel Treblinka.” (Treblinka était un camp de la mort nazi au nord de Varsovie.)

Le livre examine les racines communes de l’oppression animale et de l’oppression humaine et les similarités entre la façon dont les nazis traitaient leurs victimes et la façon dont la société moderne traite les animaux qu’elle massacre pour la nourriture. La dernière partie du livre fait le portrait de défenseurs d’animaux juifs et allemands d’un bord et de l’autre de l’Holocauste, parmi lesquels Isaac Bashevis Singer lui-même.

De nombreuses personnalités internationales dans le milieu associatif, politique, intellectuel etc., ont réagi à votre livre (1) et l’on suppose que des lecteurs issus du grand public ont dû également vous contacter pour vous donner leur impression.
Quels sont les commentaires qui vous ont le plus touché ?

J’ai été surtout touché par les commentaires et les critiques des gens qui ont reconnu l’importance et l’originalité de mon livre.

Par exemple, le journal israélien Maariv a écrit : “Le défi moral posé par Eternel Treblinka en fait un livre indispensable pour celui qui cherche à explorer la leçon universelle de l’Holocauste” et la très respectée Midwest Book Review (US) a décrit le livre comme étant “captivant, controversé, iconoclaste... vivement recommandé... une contribution unique.”

Dr Jane Goodall, célèbre dans le monde entier, a dit de mon livre qu’il “contribuera énormément à corriger les traitements épouvantables que les êtres humains ont infligé aux animaux à travers l’histoire. Je vous recommande vivement de lire ce livre et de bien réfléchir au message important qu’il contient ".

Le magazine new-yorkais Satya écrivit, “Il y a les bons livres... divertissants, utiles, éducatifs ; les livres excellents... dont le message révèle une vérité fondamentale encore inconnue ou ignorée ; et il y a les livres importants... qui peuvent sauver des vies et réduire la souffrance : Eternel Treblinka est les trois à la fois ".

Helen Weaver, l’auteur de The Daisy Sutra est peut-être la personne qui m’a le mieux compris : “Il est rare qu’une oeuvre d’un tel savoir jaillisse d’un cœur compatissant au service d’une cause noble et nécessaire. Tous les ingrédients de votre thèse - le fait que l’oppression des animaux serve de modèle à toutes les autres formes d’oppression - sont à la disposition des gens capables de penser depuis des générations, mais il ne manquait plus que vous pour les rassembler.”

J’ai eu droit à des ronchonnements de la part de certains critiques juifs et autres qui n’avaient évidemment pas lu mon livre mais en rejetaient le titre ou le concept en lui-même, mais en général, la réaction juive m’a beaucoup encouragé.

Deux exemples :

National Jewish Post & Opinion : “Eternel Treblinka devrait figurer sur toutes les listes de livres à lire absolument pour une citoyenneté avisée en raison du caractère complet et captivant de l’histoire de vie et de mort qu’il raconte.”

Martyrdom and Resistance (publication sur l’Holocauste) : “Important et opportun... écrit avec beaucoup d’émotion et de compassion... j’ espère qu’Eternel Treblinka sera lu par beaucoup de monde.”

The Freethinker (RU) a dit qu’Eternel Treblinka “captive comme un roman à suspens” et j’aime beaucoup la réaction du Dr. Karen Davis, présidente de United Poultry Concerns (US) qui a dit de mon livre qu’il “promet d’être l’un des livres les plus influents du 21ème siècle”. J’espère qu’elle a raison et pour l’instant tout porte à y croire.

Votre livre, commenté par beaucoup de lecteurs comme étant "une grande contribution à l’humanité", a déjà été publié dans plusieurs langues européennes comme l’Italien, l’Allemand, le Tchèque, le Polonais, le Croate mais toujours pas en Français.
Comment expliquez-vous que la France - le pays des droits de l’Homme - soit en retard par rapport à ses voisins allemands et italiens ?

Je ne doute pas que, sous peu, un éditeur français courageux et prévoyant se présentera. Eternel Treblinka ne sera pas tout de suite un best-seller, mais c’est un livre que le temps rattrapera et qui durera longtemps après que les best-sellers actuels aient été lus et oubliés.

Sur la toute première page de mon livre, je parle de Michel Montaigne (1533-92), un grand essayiste français qui a écrit sur “ces privilèges excessifs qu’il (l’homme) suppose avoir sur les autres espèces vivantes.” Il pensait que la présomption était “le mal naturel et originel” de l’homme. “L’être vivant le plus fragile et le plus voué au désastre c’est l’homme. Pourtant, c’est aussi le plus arrogant... Comment peut-on imaginer une chose aussi ridicule telle que le fait que cette malheureuse créature pitoyable, qui n’est même pas maître d’elle-même, puisse se nommer maître et seigneur de l’univers ?” La conclusion de Montaigne était la suivante : “Il semble que ce n’est pas par jugement réel, mais par fierté et entêtement stupide que nous nous plaçons avant les animaux et que nous nous isolons de leur condition et de leur société.”

Donc vous voyez, c’est en France avant tout autre pays que l’idée de droit des animaux a commencé.

Beaucoup de lecteurs considèrent également votre ouvrage comme "le plus important livre sur les droits des animaux".
Comment définiriez-vous : "les droits des animaux" ?
Quels droits les animaux doivent-ils avoir ?

Les animaux devraient avoir le droit de vivre leur vie sans avoir à subir les cruautés de l’espèce humaine supérieure. Comme dit l’écrivaine américaine Alice Walker, “Les animaux du monde existent pour leurs propres raisons. Ils n’ont pas été crées pour les humains, pas plus que les noirs n’ont été crées pour les blancs ou les femmes pour les hommes".

Depuis la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les humains ne sont (en théorie) "plus" considérés comme des marchandises, pourtant, ils sont toujours plus exploités et traités comme telles (2).
Comment briser cette chaîne infernale de l’oppression et de la marchandisation des humains ?

Le message de mon livre est que, parce que nous marchandisons et exploitons les animaux, nous sommes d’autant plus enclins à faire la même chose aux humains. L’exploitation animale est le berceau de la cruauté humaine.

La meilleure façon de prendre le mal à la racine de ce comportement et cette façon de penser fasciste et sans fondement envers les autres, est de protéger les êtres les plus vulnérables au monde - les animaux. Faire du monde un endroit plus sûr pour les animaux en fera un endroit plus sûr pour les humains aussi. Si les gens apprennent à être plus compatissants envers les animaux, ils agiront de la même façon envers les êtres humains. L’oppression animale forme le terrain propice d’où naissent les persécutions, le racisme, les génocides, les guerres, le terrorisme, le colonialisme, l’esclavage, et toute autre atrocité dans laquelle nous, en tant qu’espèce supérieure, nous engageons avec insistance.

Dans la première partie du livre : "A Fundamental Debacle", vous donnez des exemples historiques de groupes d’humains (les premiers habitants d’Amérique, les noirs d’Afrique, les juifs sous le régime nazi, etc.) qui furent traités "comme des animaux" ou assimilés comme tels pour "légitimer" leur esclavagisme et leur génocide.
Quels autres exemples issus, cette fois-ci, de l’actualité récente utiliserez-vous pour illustrer des similitudes d’oppression, de violence et de massacre d’animaux humains et non-humains ?

Tout d’abord, les victimes étaient désignées et appelées animaux. Puis, elles furent exploitées (esclavage humain) et massacrées (holocauste) comme les animaux. Le chapitre 2 de mon livre (“Wolves, Apes, Pigs, Rats, Vermin : Vilifying Others as Animals”) explique en détail comment la pratique d’appeler les gens des animaux sert de prélude à leur persécution, leur exploitation et leur massacre. C’est pourquoi appeler des gens des “animaux” est toujours un signe inquiétant. Tous les génocides ont été précédés par ce genre de dénigrement, et dans mon livre j’en parle plus en détail. Il convient de citer un exemple : pendant les années précédant le génocide arménien, les Turcs Ottomans appelaient les Arméniens rajah (bétail). “L’utilisation de l’image animale laisse tout à fait présager l’avenir”, écrivit un des spécialistes en science politique dont je parle dans mon livre, “comme la description nazie des Juifs qu’ils appellent rats, et la référence hutu des Tutsis qu’ils appellent insectes. De telles allusions à la sous-humanité de l’ennemi peut laisser présager la possibilité d’un carnage en masse.

Selon la définition du dictionnaire, le mot génocide est utilisé pour qualifier une extermination méthodique d’un groupe HUMAIN, pourtant, certains protecteurs des animaux l’emploient également pour définir un massacre animal.
Est-ce banaliser ou vider ce terme de son sens que de l’étendre à la tuerie d’une espèce animale ? Il y a t-il un "génocide des bébés phoques" comme il y a un génocide de l’ethnie Tutsis ?

Le terme génocide se rapporte aux êtres humains et je ne vois aucune raison d’en changer la définition. Peut-être faut-il trouver un nouveau mot pour remplacer le “génocide” des animaux.

Beaucoup de personnes considèrent que l’on ne peut pas s’occuper et défendre en même temps les humains et les animaux.
Selon eux, c’est se disperser et perdre de son efficacité. Qu’en pensez-vous ?

Mon livre est censé remettre en question ce genre de pensée superficielle. Elle présume que l’espèce humaine est la seule espèce qui compte et que les animaux ne méritent pas d’être protégés parce qu’ils sont “inférieurs”. Cette façon de penser est typique de la façon de penser fasciste et hiérarchique qui pervertit notre société.

Dans la préface de mon livre, je cite Steven Simmons, activiste contre le sida et pour les animaux, qui décrit bien ce genre de pensée : “Les animaux sont les victimes innocentes de la vision du monde qui soutient que certaines vies ont plus de valeur que d’autres, que les tout-puissants ont le droit d’exploiter les impuissants, et que les faibles doivent être sacrifiés pour les plus forts.”

Ceux qui défendent, protègent et se battent contre l’oppression des animaux agissent au cœur du problème ; les autres font partie du problème, pas de la solution.

Que pensez-vous du mode de vie vegan (mode de vie qui exclut toute forme d’exploitation animale dans son alimentation, vêtement, loisir etc.) ?
Selon vous, quel type de mode de vie serait le plus respectueux envers les hommes, les animaux et la planète ?

Bien qu’étant moi-même végétalien, ma conscience de l’envergure de l’exploitation et du massacre des animaux par notre société est un développement relativement récent. J’ai grandi et ai passé la plupart de ma vie adulte à manger des animaux sans être conscient du fait que notre société soit autant construite sur la violence institutionnalisée envers les animaux. Pendant longtemps, je n’avais jamais pensé à contester ou simplement remettre cela en question.

Les recherches et l’écriture de ce livre m’ont fait changées de régime (de carnivore à végétalien - j’ai sauté la phase végétarienne), et j’ai appris par la suite que le livre a eu un effet similaire sur d’autres lecteurs.

Il y a d’autres bonnes raisons de passer à un régime à base de végétaux : la santé, l’environnement, la faim dans le monde, etc., mais pour moi la violence envers des êtres vivants innocents est la raison la plus importante. Il y a déjà beaucoup trop de violence dans le monde. Le moins que je puisse faire, c’est de ne pas y rajouter.

Le veganisme est souvent décrit par ses détracteurs comme une "utopie naïve en totale contradiction avec la vraie nature de l’Homme : un prédateur, en haut de l’échelle alimentaire, supérieur aux autres animaux en intelligence et émotion".
Que répondrez-vous à cette opinion commune ?

Cette affirmation de la suprématie humaine et le droit de tuer les plus faibles, c’est la pensée fasciste à l’état pur. Adolf Hitler résuma au mieux cette pensée sans fondement lorsqu’il déclara : “Celui qui ne possède pas la puissance perd le droit à la vie.”

Jamais les croyances d’Hitler n’ont trouvé de terrain plus fertile que dans notre monde moderne industrialisé, où chaque jour, des millions d’agneaux, de veaux, de cochons, de poulets, de vaches, de chevaux, et autres animaux innocents, sont transportés dans des centres d’abattages pour être massacrés pour les tables de l’espèce supérieure. Pourquoi ? Parce qu’ils ne peuvent pas protester et se défendre face à ceux qui ont décidé de les tuer pour les manger.

Finalement, en tant qu’historien social, comment prévoyez-vous l’évolution de la société humaine ?
L’ Eternel Treblinka pour les humains et les animaux cessera-t-il ?

Je conclus cette interview de la même façon que je termine mon livre :

Combien de temps est-ce que ces atrocités continueront sans que nous élevions la voix pour protester ? Renforcé par notre refus, notre indifférence, nos coutumes stupides qui remontent aussi loin que nos origines primitives, notre oppression et notre exploitation des animaux semble éternelle et sans espoir.
La bonne nouvelle c’est que puisque de plus en plus de gens disent “non” aux abattoirs et tout ce que cela représente, on peut espérer qu’un jour ces abominations prendront fin. Mais en attendant, que faire pour le massacre en masse de tous ces jeunes animaux innocents qui a lieu impitoyablement, jour après jour ?
Pour conclure, je pense que plus tôt on arrêtera cet holocauste des animaux, mieux ce sera pour nous tous - que l’on soit auteurs, spectateurs ou victimes.

Merci, Charles Patterson.

Merci de m’avoir donné l’opportunité de parler de mon livre. J’espère qu’il sera bientôt traduit et publié en France.

(1). Les commentaires de différentes personnalités peuvent être lus en cliquant sur ce lien : http://www.powerfulbook.com/reactio....

(2). Chaque année, le Bureau de la Surveillance et la Lutte contre le Trafic Humain (Office to Monitor and Combat Trafficking in Persons) du Département d’Etat Américain (U.S. Department of State) publie un rapport détaillé sur le trafic des êtres humains. Pour accéder à la totalité du rapport, cliquez ICI.

Pour en savoir plus sur Charles Patterson et son livre, lisez également les interviews en anglais qu’il a donné à :

- Richard Schwartz.

- Biman Basu.

- Le site Booksandauthors.net.

Visitez également le site officiel du livre et de son auteur : www.powerfulbook.com/.

Interview with Charles Patterson, author of Eternal Treblinka : Our treatment of Animals and the Holocaust.

Charles Patterson, social historian, author of the book "Eternal Treblinka : Our treatment of Animals and the Holocaust", has agreed to answer questions posed by the team of the website VegAnimal.info.

The interview took place in October 2005.

Interview

Charles Patterson, could you introduce your book "Eternal Treblinka : Our treatment of animals and the Holocaust" to the French-speaking public ?

The thesis of my book is that the exploitation and slaughter of animals is the original and central oppression from which all other oppressions flow. The cruelty and injustice visited on animals inevitably gets visited on humans.

The book’s title comes from the Yiddish writer and Nobel Laureate, Isaac Bashevis Singer, to whom the book is dedicated. He was the first major modern author to describe the exploitation and slaughter of animals in terms of the Holocaust. "In relation to them, all people are Nazis," he wrote, "for animals it is an eternal Treblinka." (Treblinka was the Nazi death camp north of Warsaw.)

The book examines the common roots of animal and human oppression and the similarities between how the Nazis treated their victims and how modern society treats the animals it slaughters for food. The last part of the book profiles Jewish and German animal advocates on both sides of the Holocaust, including Isaac Bashevis Singer himself.

Many international personalities in charities or political, intellectual circles etc., reacted to your book (1) and presumably, general public readers have also contacted you to give their impressions.
What are some of the comments that touched you the most ?

I was most moved by comments and reviews from people who recognized the book’s originality and importance.

For example, the Israeli newspaper Maariv wrote, "The moral challenge posed by Eternal Treblinka turns it into a must for anyone who seeks to delve into the universal lesson of the Holocaust" and the highly respected Midwest Book Review (US) called the book "compelling, controversial, iconoclastic...strongly recommended...a unique contribution,"

The world famous Dr. Jane Goodall said that my book "will go a long way towards righting the terrible wrongs that human beings, throughout history, have perpetrated on non-human animals. I urge you to read it and think deeply about its important message."

Satya Magazine in New York wrote : "There are good books...entertaining, useful, informative ; great books...whose message reveals a fundamental truth previously unknown or overlooked ; and important books...that can save lives and ameliorate suffering : Eternal Treblinka is all three."

Perhaps the person who understood best what I was doing was Helen Weaver, author of The Daisy Sutra : "It is seldom that such a comprehensive work of scholarship springs from a heart of compassion in the service of a noble and necessary idea. All the ingredients of your thesis—that the oppression of animals serves as the model for all other forms of oppression—have been available to thinking people for generations, but it remained for you to pull them together."

While there was grumbling from a few Jewish and other commentators, who obviously did not read the book but objected to its title or to the very idea of the book, I was very heartened by the overall Jewish reaction. Two examples :

"Eternal Treblinka should be on every list of essential reading for an informed citizenry.for the compelling comprehensiveness of the life-and-death story it tells." —National Jewish Post & Opinion

"Important and timely...written with great sensitivity and compassion...I hope that Eternal Treblinka will be widely read." —Martyrdom and Resistance (Holocaust publication)

The Freethinker (UK) said Eternal Treblinka "grips like a thriller" and I very much like the reaction of Dr. Karen Davis, president of United Poultry Concerns (US), who said my book "promises to be one of the most influential books of the 21st century," I hope she’s right, and the early signs are that she is.

Your book, referred to as "a great contribution to humanity" by many readers, has already been published in several European languages such as Italian, German, Czech, Polish, Croatian but still not in French.
How do you explain that France, which is the country of human rights, is late, compared to its German and Italian neighbours ?

I have no doubt that a brave and far-seeing French publisher will step forward before too long. “Éternel Treblinka” will not be an immediate bestseller, but it’s a book that the times will catch up with and will last long after most of today’s bestsellers are gone and forgotten.

On the very first page of my book I write about the great French essayist Michel Montaigne (1533-92), who wrote about "these excessive prerogatives which [man] supposes himself to have over other existences." He believed that man’s "natural and original disease" was presumption. "The most calamitous and fragile of all creatures is man, and yet the most arrogant....Is it possible to imagine anything so ridiculous as that this pitiful, miserable creature, who is not even master of himself, should call himself master and lord of the universe ?" Montaigne’s conclusion was : "It is apparent that it is not by a true judgment, but by foolish pride and stubbornness, that we set ourselves before other animals and sequester ourselves from their condition and society."

So you see, animal rights thinking started in France before any other country.

Many readers also regard your book as "the most important book on animal rights". How you would define : "animal rights" ?
Which rights should animals have ?

Animals should have the right to live out their lives free from the cruelty of the human master species. As the American writer Alice Walker put it, "The animals of the world exist for their own reasons. They were not made for humans any more than black people were made for whites or women for men."

Since the Universal Declaration of Human Rights, humans (in theory) are "no longer" regarded as goods. However, they are still more and more exploited and treated as such (2).
Is there a way to break this infernal chain of human oppression and trade ?

The point of my book is that because we commodify and exploit animals we are all the more prone to do the same thing to. Animal exploitation is the cradle of human cruelty.

The best way to get to the root of the problem of this fascist, might-makes-right thinking and behavior against others is to protect the world’s most vulnerable beings-animals. To make the world safer for animals will help make it safer for humans as well. If people learn to be more compassionate and just to animals, they will act that way to other people. Animal oppression is the breeding ground for the persecution, racism, genocide, war, terrorism, colonialism, slavery, and all the other atrocities we, the master species, insist on engaging in.

In the first part of the book : "A Fundamental Debacle", you give historical examples of humans’ groups (native Americans, black Africans, the Jewish community under the Nazi regime, etc.) who were treated "like animals" or were assimilated as such "to legitimate" their slavery and their genocide.
Which other examples taken from recent news this time, will you use to illustrate similarities with regards to oppression, violence and massacre of human and non-human animals ?

First, the victims were designated and called animals. Then, they were exploited (human slavery) and slaughtered (Holocaust) like animals. Chapter 2 of my book (“Wolves, Apes, Pigs, Rats, Vermin : Vilifying Others as Animals”) goes into detail about how the practice of designating people as animals serves as a prelude to their persecution, exploitation, and murder. That is why calling people “animals” is always an ominous sign. Every genocide has been preceded by just this sort of vilification, and in my book I discuss this in some detail. It is significant, to cite one example, that in the years leading up to the Armenian genocide, the Ottoman Turks referred to Armenians as rajah (cattle). "The use of animal imagery is particularly foreboding," wrote one of the political scientists I quoted in my book, "as in Nazi depictions of the Jews as rats and Hutu references to Tutsis as insects. Such allusions to the subhumanity of enemies can be an early sign of the potential for mass bloodshed."

According to dictionary definitions, the word “genocide” is used to describe the methodical extermination of a HUMAN group. However, some animal defenders also employ it to describe an animal massacre. Does applying this word to refer to the slaughter of an animal species result in trivialization or a loss in its significance ?
Can we talk about a "genocide of babies seals" in the same way as a genocide of the Tutsis’s ethnic group ?

Genocide refers to human beings, and I see no reason to change the definition. Perhaps a new word for the "genocide" of animals needs to be found ?

Many people consider that one cannot be involved in defending humans and animals at the same time. According to them, it results in a loss of focus and efficiency.
What are your views on this ?

My book is meant to challenge that kind of superficial thinking. It assumes that the human species is the only species that counts and that animals are undeserving of protection because they are "inferior." This is way of thinking is typical of the hierarchical, fascist mindset that pervades our society.

In the Preface to my book I quote the AIDS and animal activist Steven Simmons, who described well this kind of thinking : "Animals are innocent casualties of the world view that asserts that some lives are more valuable than others, that the powerful are entitled to exploit the powerless, and that the weak must be sacrificed for the greater good."

Those who defend, protect, and fight against the oppression of animals are going to the heart of the matter ; those who don’t are part of the problem, not part of the solution.

What you think of the vegan way of life (which excludes any form of animal exploitation in food, clothing, leisure etc.) ?
In your opinion, which type of way of life would be the most respectful towards humans, animals and the planet ?

Although I myself am vegan, my awareness of the scope of our society’s exploitation and slaughter of animals has been a relatively recent development. I grew up and spent most of my adult life eating animals and being oblivious to the extent to which our society is built on institutionalized violence against animals. For a long time it never occurred to me to challenge or even question this.

Researching and writing this book changed my diet (carnivore to vegan-I skipped the vegetarian stage), and I’ve since learned that the book has had a similar effect on some readers.

There are other good reasons for switching to a plant-based diet : health, environment, world hunger, etc., but for me violence against innocent living beings is the most important consideration. There’s much too much violence in the world already. The least I can do is not add to it.

Veganism is often described by its detractors as a "naive Utopia in total contradiction with the true nature of human beings who are predators on top of the food scale, superior to other animals when it comes to intelligence and feelings".
What is your response to this common opinion ?

This assertion of human supremacy and the right to kill those who are weaker is pure fascist thinking. Adolf Hitler summed up this might-makes-right attitude best when he declared, "He who does not possess power loses the right to life."

Nowhere has Hitler’s belief found more fertile soil than in our modern industrialized world, where each day millions of lambs, calves, pigs, chickens, cows, horses, and other animals, most of them very, very young and all of them innocent, are transported to killing centers to be slaughtered for the tables of the master species. Why ? Because they can’t fight back and defend themselves against those who choose to kill and eat them.

Finally, as a social historian, how do you foresee the evolution of mankind ?
Will the “Eternal Treblinka" for humans and animals stop ?

I conclude this interview the same way I ended my book :

How long will these atrocities continue without our raising our voices in protest against them ? Fortified by denial, indifference, and mindless custom that stretches back to our primitive origins, our oppression and exploitation of animals seems hopelessly eternal.
The good news is that since a growing number of people are saying "no" to the slaughterhouse and all that it stands for, there is hope that someday this abomination will come to an end. In the meantime, however, what about the mass slaughter of all those young and innocent ones that takes place mercilessly day after day ?
By way of conclusion, I say the sooner we end this animal holocaust, the better it will be for all of us—perpetrators, bystanders, and victims alike.

Thank you, Charles Patterson.

Thank you for the chance to talk about my book. I hope before too long it will translated and published in France.

Retour sommaire
version imprimable
haut de page
ArticleRubrique
© 2003 - 2008 - VegAnimal.info
Ce site est développé grâce à l'outil SPIP - Hosting by RedBlackAndGreen.net Internet Services